dimanche 17 décembre 2017

Bhagavad-Gita de Stephen Mitchell, traduction : Aurélien Clause. Chronique.




Notre chronique
D’abord, un très bel objet éditorial, illustré d’images vectorielles, relié en cahiers, fait pour durer, comme son texte, et pourtant, il y a de cela quelques années, je dois avouer que nous avions essayé de l’aborder dans une version en prose, et que nous avions renoncé.
Cette fois, la forme poétique adoptée, comme dans la version originale, restitue toute sa force à l’ouvrage et en rend l’accès plus aisé.
Dans l’Evangile de Jean, il est écrit : et Dieu créa la parole. La parole précède l’écrit, et la poésie est avant tout art de l’oralité, comme le suggèrent les métriques, et lorsqu’ on lit la Bhagavad-Gita, on ne peut qu’être frappé par l’analogie qui existe entre ces textes et les psaumes de la Bible, textes également à vocation orale, les mots ayant depuis la nuit des temps une portée magique, le mot magique devant être pris au sens de pouvoir comme dans magush le mot persan d’origine.
Le texte en vers impressionne par sa fluidité, sa simplicité et sa beauté. Les redites qu’on y trouve ne sont que les différentes voies d’accès à la sagesse que Krishna souhaite proposer à ses fidèles, car, dans son esprit compassionnel, même les plus modestes doivent pouvoir comprendre son enseignement. Livre sacré de l’hindouisme, la Bhagavad-Gita présente d’autres analogies avec la Bible. Ainsi le dieu suprême Krishna, qui est un avatar de Vishnou, est aussi, à l’instar de Jésus, un médiateur avec le divin, puisqu’il a participé aux côtés de son interlocuteur Arjuna à la grande bataille de Kurukshetra. Mais au-delà de ces ressemblances, la Bhagavad s’inscrit profondément dans la culture indienne. Gandhi, qui s’en est inspiré toute sa vie, l’explique très bien dans la postface. Krishna par exemple, appartient au clan Rishi, et il est dit dans le texte que toute personne renaîtra dans sa communauté, ce qui explique sans doute la puissance encore actuelle des castes.
Livre de sagesse donc et de tolérance. Une fois encore, en tant qu’occidental, la croyance en la métempsychose - c’est-à-dire en la migration des âmes après la mort- nous étonne et nous fascine. Ne devrait-on pas dans ces conditions se souvenir de toutes nos vies antérieures ?
Ce serait tellement extraordinaire et pratique pour réécrire l’Histoire !
Mais Krishna en a décidé autrement, car, en tant qu’être suprême, il a le privilège d’être le seul à se souvenir de toutes ses vies depuis l’aube des temps…
Thierry Erhart et Marie-Hélène Fasquel.

Stephen Mitchell
en vidéo.
Touching the Essence of Things: A Conversation with Stephen Mitchell
Wikipedia (en anglais aussi...)


Interview d'Aurélien Clause.


Son analyse de La Bhagavad-Gita



Synchronique Éditions
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Un grand merci à Synchronique Éditions pour cette belle découverte !



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