jeudi 21 décembre 2017

Tao Te King par Lao-tseu, Stephen Mitchell (trad.) -- Chronique


Notre chronique

Le Tao Te King, dao de jing dans la phonétique originale, est en réalité appelé tout simplement par les Chinois, le Lao Tseu, du nom de son auteur qui vécut quelques six siècles avant notre ère. Les plus anciens textes connus, tous fragmentaires, ont été découverts récemment dans des tombes, en 1973 à Tchang-Cha, et en 1993 à Guodian. Cette nouvelle édition, fidèle par sa haute tenue à la collection, présente, outre une préface passionnante, une traduction talentueuse. En effet, si l’on compare cette version à celle (qui a cependant le mérite d’être issue directement du chinois) faite en 1979 par François Houang, on ne peut qu’être subjugué par la beauté et la qualité poétique des traductions de Stephen Mitchell et de Benoît Labayle. Subjugué, on le sera encore à la lecture de cette œuvre, qui appartient sans nul doute au panthéon de l’humanité, et qu’il ne faudra pas chercher, comme tout livre sacré, à élucider complètement (les Chinois eux-mêmes y ont renoncé). C’est en cela que la forme poétique prend du reste toute sa pertinence (et sa conformité avec le texte d’origine) car le Tao Te King est – ce qui est surprenant pour un lecteur occidental - à la fois une œuvre esthétique, un livre religieux et un livre philosophique. Religieux, dans la mesure où il affirme que la Sagesse ne peut être obtenue que dans la solitude, et à travers une quête éloignée de toute domination, de toute compétition, de toute accumulation de biens matériels, philosophique – au sens de vision du monde - quand il prône sans ambiguïté une politique de justice sociale.
De toute évidence, le Tao Te King, est également, parmi les textes mystiques, le plus féministe lorsqu’il proclame :
Toutes choses sont adossées au féminin,
et le plus écologiste (avant l’heure) lorsqu’il déclare :
Quand l’homme interfère avec le Tao, le ciel devient sale, la terre s’épuise, les espèces s’éteignent, l’équilibre se désagrège.
Au-delà, pour nous tous, il est une source inépuisable de méditations, un livre pour l’Eternité.

Thierry Erhart et Marie-Hélène Fasquel.


Stephen Mitchel : traduction anglaise
Né en 1943 à Brooklyn, il a étudié à la Sorbonne à Paris, à la Massachusetts Amherst et à Yale et a dés-étudié par le biais d´une pratique intensive du zen. Il est mondialement reconnu pour la qualité, la modernité et l´originalité radicale de ses traductions de textes spirituels et poétiques.
Stephen Mitchell a reçu deux fois le Harold Morton Landon Translation Award de l´Academy of American Poets.
Il a co-écrit avec sa femme Byron Katie le best-seller Aimer ce qui est.



Touching the Essence of Things: A Conversation with Stephen Mitchell


Benoît Labayle : traduction française
Traducteur et créateur de Synchronique Editions, maison d´édition dédiée à la publication de textes de qualité et de beaux-livres sur l'orient (Chine, Japon, Inde) et les sagesses d'hier et d'aujourd'hui.

Ou Yang Jiao Jia : calligraphies
Réalisées spécialement pour cet ouvrage.

Ou Yang Jiao, une vie d'artiste de Shanghai à Toulouse

A venir ! Mai 2018 à Toulon : Peinture chinoise avec Ou Yang Jiao Jia


Merci infiniment à Synchronique Editions pour ce SP passionnant !


Pour conclure:
Si vous avez apprécié cette chronique, n'hésitez pas à consulter celles-ci :
Gilgamesh (Traduction : Aurélien Clause - Editions Synchronique)