vendredi 16 mars 2018

Chronique et interview -- Chicago Requiem de Carine Foulon


Présentation de l'éditeur
Chicago, années folles…
Sur la scène d’une ville en proie à la corruption, acteurs et gangsters se côtoient.
William, issu d’une famille riche et influente, les Henderson, possède un théâtre cerné de speakeasies et de maisons closes. Il aide son épouse, Susan, à reprendre sa carrière d’actrice malgré la corruption et la prohibition.
La sœur de William, Meredith, vient de passer cinq ans en prison. Résolue à se venger de son frère et de tous ceux qu’elle pense responsables de son incarcération, elle s’établit à Miami où elle rencontre un certain Al Capone.
Le vaudeville peut alors virer au drame, à la scène comme à la ville.

L'auteure


Carine Foulon est née à Douai le 6 janvier 1979. Elle vit à Amiens avec son conjoint et leurs deux filles. Professeure de français, son premier album jeunesse a été publié en décembre 2013. D'autres ont suivi, ainsi qu'un recueil de poèmes, L'Abécédaire fruitier paru aux éditions Hugues Facorat le 25 juin 2014, et plusieurs nouvelles. Chicago Requiem est son premier roman.


Ma chronique
Quand j'ai découvert Chicago Requiem : j'ai immédiatement eu envie de le lire : superbe 1ère de couverture, thèmes qui me parlaient (le Chicago des années folles, véritable personnage de cette saga, pour moi enseignante de littérature américaine... une aubaine !
J'ai pris un véritable plaisir à lire cet ouvrage qui est pluriel : roman policier, saga familiale, roman historique, thriller psychologique, ode au roman noir des années 20.
J'ai apprécié l'intrication des intrigues, la place que Chicago prenait dans l'histoire, les références littéraires touchantes, en particulier à Hamlet (que j'enseignais l'an dernier), Othello et Roméo et Juliette, le style de l'auteure et les personnages, extêmement bien développés et attachants, tous à un certain point... car même Meredith nous fait pitié en réalité !

Interview exclusive !
Bonjour Carine, merci pour cette interview ! Tout d’abord j’aimerais savoir quand tu as commencé à écrire.

J'ai commencé à écrire à l'adolescence, jusqu'en 2003-2004 environ, sans jamais rien publier: une pièce de théâtre, un roman, des poèmes, des textes inachevés. Après une pause d'à peu près dix ans, j'ai repris l'écriture en 2013, et envoyé quelques poèmes à des concours de poésie. J'ai gagné trois prix, gagné en assurance, écrit les histoires que je racontais à ma fille, qui avait trois ans, puis d'autres contes... de fil en aiguille. Depuis 2013, je n'ai jamais cessé d’écrire, passant de la poésie à l'album jeunesse, puis aux nouvelles, puis au roman.

Quelle lectrice es-tu?
J'étais bibliovore à l'adolescence, lisant 4 à 5 livres par semaine, surtout des classiques, mais aussi des romans policiers. Dans la continuité, j'ai fait des études de lettres. Je lis moins aujourd'hui, et je suis plus curieuse de découvrir des auteurs contemporains. Mon plus grand coup de cœur de 2017 reste Sur les rives de l'Hudson et Les dieux arrivent d'Edith Wharton avec Halo et Vance Weston, mais j'ai aussi aimé Solstices de Laetitia Arnould. J'aimerais trouver le temps de lire davantage.

Quels sont tes auteurs préférés ?
Mes auteurs préférés restent Baudelaire, Zola, Musset (pour son théâtre principalement)... mais Edith Wharton pourrait vite les rejoindre. J'aime aussi beaucoup les sœurs Brontë, Agatha Christie, et tant d'autres.

Un livre de chevet ?
Même si je reviens souvent aux Fleurs du Mal et au Spleen de Paris, je ne pense pas vraiment avoir de livre de chevet.

Pourrais-tu partager avec nous ton tout dernier coup de cœur ?
J'ai déjà répondu un peu plus haut. ^^ Mon dernier coup de cœur reste l'histoire d'Halo et de Vance Weston. Je suis restée plongée dans les mille pages des deux romans qui leur sont consacrés. Vance Weston m'a agacée, mais en même temps, je trouve qu'il me ressemble. Quant à Halo Spear, c'est un très beau personnage.

Quand tu as écrit cette saga, quelles ont été tes influences ?
Je pense que mes influences ont été multiples lors de l'écriture de ce roman. Ça va de Shakespeare aux dessins animés de mon enfance, de Jane Eyre aux romans noirs que j'affectionne, de Lorenzaccio (avec Chicago remplaçant Florence, le théâtre à la place de l'art) à Crimson Peak que j'ai vu à la toute fin de l'écriture du premier jet... Je pense à l'album Furious Angels de Rob Dougan et aux chansons de Radiohead aussi, qui m'ont accompagnée pendant presque toute l'écriture ("2+2 = 5" traduit assez bien le parcours de William ainsi que les deux moitiés du roman). J'ai aussi une passion pour les manoirs et les tasses de thé, qu'on retrouve dans presque toutes mes nouvelles également, ce qui donne sûrement une atmosphère un peu gothique à mon thriller atypique. Je pense qu'au niveau des sources, elles sont tellement nombreuses qu'il serait difficile de toutes les retrouver. J'y ai mis tout ce que j'aime, y compris mon amour pour mes filles à travers l'amour d'un père pour ses fils.

Pourrais-tu nous parler de ton personnage préféré ?
Le personnage que je préfère dans mon roman est William, sans hésitation. J'aime son côté imprévisible, et le fait qu'il soit anti conventionnel. Je suis incapable de dire moi-même s'il est bon ou mauvais. Il faudrait distinguer ses actes de sa nature... Mais il a quelque chose de fascinant. En tout cas, pour moi, c'était le personnage qui m'offrait la plus grande gamme de réactions possibles. Il ne joue pas un rôle, mais plusieurs. C'est à la fois le héros et l'antagoniste, l'intellectuel et le fou, l'idiot et le stratège. Un anti-héros ? Je ne suis même pas sûre, même si au départ, il n'a rien du héros romantique tel qu'on l'imagine, le pire étant que le héros romantique parfait figure aussi au casting : Edward.

Un mot de la fin ?

Shakespeare.

Merci infiniment Carine pour ce superbe SP et pour l'interview !