vendredi 6 juillet 2018

Chronique : Killarney 1976 de Joël MACRON (Éditions Nouvelle Bibliothèque) -- Sortie 23 juillet 2018.

Présentation de l'éditeur

Tu le sais, je dois repartir… mon pays est au bord de la révolution. Shariati a besoin de moi. Nos visiteurs ont certainement voulu nous avertir, nous mettre en garde contre la folie de notre civilisation… Je ne sais quelles sont leurs intentions exactes, mais je pense qu’ils savent ce qu’ils font.

Tu es le dépositaire de tous ces secrets : je sais que cela t’a semblé impressionnant, et que tu te demandes toujours quoi faire de toutes ces informations : garde les précieusement, en toi. Garde aussi ce cahier avec tes notes précieuses : il te servira un jour, dans très longtemps.
Je devine ta question en écrivant : mais quand ? Voici ma réponse, en persan :هنگامی که شما می توانید این جمله را ترجمه کنید

L'auteur


Biographie épistolaire 

Bonjour Marie-Hélène, 
J’ai cherché comment rédiger une brève biographie, et je me suis dit que le mode épistolaire était peut-être le plus approprié… Notamment, parce que j’ai beaucoup pensé aux Lettres Persanes en rédigeant Killarney 1976. J’ai un point commun avec vous, j’ai fait ma carrière dans l’Éducation Nationale : Prof dans un premier temps, PEGC bivalent, lettres-anglais, puis Certifié Lettres, Personnel de Direction (principal-adjoint, puis principal) et pour terminer, Chargé de Mission Éducation Prioritaire et Politique de la Ville à l’Inspection d’Académie du Maine-et Loire. Je crois que depuis que j’ai appris à lire (quasiment seul, en déchiffrant les noms des personnages du journal de Mickey), j’ai eu le goût d’écrire. Quand je donnais une rédaction à mes élèves, je rédigeais avec eux : ils avaient le droit de venir voir ce que je faisais, comment « je m’en sortais ». Ils pouvaient s’inspirer de tournures de phrases s’ils en avaient envie. Je sais que cela les a marqués, ils m’en parlent encore sur Facebook… Cela me surprend toujours : pour moi, c’était naturel : je devais les aider à aller plus haut, plus loin, et ils le savaient. Ma carrière s’est terminée en décembre 2016 : je me suis retrouvé au coin du feu, bien décidé à ne pas laisser s’installer une impression de vide. 2016 – 1976… L’association des dates n’est pas une simple coïncidence. J’ai pensé à ceux que j’avais connus lorsque j’étais jeune assistant de français en 1976, à Killarney. En regardant la bûche crépiter et rougeoyer dans le foyer, j’ai pensé à ces feux de tourbe, dans les pubs irlandais. Mon esprit a vagabondé : j’ai fermé les yeux et j’ai vu le visage de Mano, mon ami iranien… Et c’est ainsi que tout a commencé. J’ai couché quelques mots par écrit, j’ai repensé à tous mes amis de l’époque, et j’ai construit mon intrigue… Je ne crois pas avoir écrit « la vérité » ("On peut inventer, M’sieur?"), mais je suis resté fidèle à ce qu’ils étaient, et à ce qu’ils représentent encore pour moi… À travers ce récit, j’ai cherché à leur redonner vie, j’ai de nouveau parcouru les landes d’Irlande et j’ai écouté les récits de Mano, personnage romanesque, infiniment bienveillant… Voilà, Marie-Hélène. 
J’espère avoir répondu à votre demande, et j’espère que Killarney 1976 saura vous séduire.  
Bien amicalement,  
Joël Macron
Sa page Auteur.
La genèse du roman.

Interview de l'auteur

Mes principales sources d’inspiration :

Souvent, je pars de faits quotidiens, de petites anecdotes ou de grands faits d’actualité… Parfois, un thème récurrent sur les réseaux sociaux, ou un fait divers attirent mon attention. Un petit rien peut suffire à me plonger dans un autre univers. Je suis du genre contemplatif et j’aime rêvasser devant une coccinelle ou une goutte de rosée matinale qui perle à une feuille de tomates… C’est ma façon de passer en « méditation pleine conscience ». La chronique familiale pourrait à elle seule alimenter plusieurs volumes, mais il y a encore des blessures mal refermées… dans 20 ans, ce sera guéri je pense ! 
Une lecture fondatrice :
Sans aucun doute, tous les romans de Jack London que j’ai pu lire étant jeune (et que j’ai relus), Certains Giono, Zola aussi… Notamment Germinal que j’avais lu à la lueur de la lampe de poche, sous les draps. Même chose pour Hervé Bazin (en fait ça fait plus d’une, tout ça!) 
Mes 5 romans préférés :
C’est peu ou c’est trop ! Les préférés, ce sont souvent ceux dont je sors avec le sourire, ceux que je n’ai pas pu lâcher, au risque de faire cramer les nouilles dans la casserole ! J’aime beaucoup les livres de Danièle Sallenave, que j’ai la chance de connaître un peu et avec laquelle j’ai plaisir à échanger ; on peut citer « Le dictionnaire amoureux de la Loire » (un vrai bijou) et « L’églantine et le muguet ». J’ai beaucoup aimé également D’ormesson, que j’ai toujours défendu face à ceux qui le jugeaient superficiel, alors qu’il était profond, mais optimiste, à sa façon, et si finement humain. Je serais injuste de ne pas citer Terminus de mon ami Jonathan Théroude : j’ai beaucoup aimé ce livre (et j’ai maudit Jonathan pour la fin du roman !), et j’adore l’écriture toute en finesse, en subtilité, de Constance Dufort, dans So Long Alice et Les Chemins d’Hermès. J’ai hâte de découvrir les livres de mes nouveaux collègues des éditions Nouvelle Bibliothèque. 
Petite note : je chroniquerai ces 2 ouvrages (Terminus et So long Alice) bientôt :)

Mes manies : 
Je n’en ai pas, je suis un être (presque) parfait !
C’est tout faux, évidemment… Je me plonge dans mes lectures et dans l’écriture, si bien que j’oublie totalement ce qu’il se passe autour de moi. Je réponds « Oui, oui » ou « non, non » et je n’entends rien de ce que l’on me demande. Je suis une plaie pour l’entourage qui me voit tapoter sur ma tablette ou lire fébrilement… Je remercie infiniment ceux qui me supportent.
Autre manie, je préfère écrire l’hiver : la froidure m’inspire, et le jardin me sollicite moins. Calé près du feu, dans « mon » fauteuil, j’écris en me tenant de travers, préparant à mes vertèbres un bien sombre avenir ! 
Nouveau roman : 
J’ai déposé un manuscrit récemment aux éditions Nouvelle Bibliothèque, j’ai aussi un autre projet avec une nièce, aquarelliste de talent : je souhaiterais partir de photos anciennes, qu’elle retraduirait en aquarelles pour évoquer la chronique familiale passée, mes parents, les lieux que nous avons connus…
J’ai aussi un projet autour de la prophétie attribuée à Malachie, cela mûrit doucement, lorsque je traque les escargots qui grignotent mes salades… 
Mes meilleurs souvenirs d’auteur : 
Je crois que c’est lorsque l’on apprend que l’on va être édité… On redevient enfant et on saute de joie! (Enfin, moi, en tout cas !). J’ai aussi adoré être en contact avec des auteurs, des blogueurs, pour parler de ce qui nous passionne… 
Le mot de la fin : 
J’ai besoin que mes récits soient bienveillants, je décris parfois des personnages qui semblent antipathiques, alors qu’ils sont simplement blessés, malmenés par la vie. Je pense souvent à ces élèves rebelles qui se transforment lorsqu’on leur fait un compliment, je suis persuadé que les adultes ont besoin de cette même bienveillance, alors que notre époque est dure et fabrique de l’exclusion. Je n’aime pas parler de moi sur le plan intime, je préfère que l’on me devine à travers mes récits. Merci pour ces questions qui m’ont bien fait cogiter !! 
Notre chronique


Au moment où sa carrière s’achève, Joël Macron, fait ce que nous faisons tous : il ouvre les albums de famille. Mais sa famille n’est pas tout à fait ordinaire. Ce qui explique ce livre où se mêlent les souvenirs personnels et la vie d’un personnage étrange qui s’est introduit à un moment donné dans le quotidien de notre auteur. Ce personnage se nomme Mano, il est iranien, spécialiste de physique nucléaire, et il est entré dans le cercle intime de Joël Macron en 1976, à un moment crucial où l’Iran était sur le point de basculer dans une nouvelle ère, celle de la puissance des religieux : les fameux Ayatollahs qui sont toujours au pouvoir aujourd’hui. En 1976, lorsqu’il fait la connaissance de cet Iranien, chargé d’une mission dont il refuse de révéler la teneur, Joël Macron qui est assistant de français en Angleterre, est tout de suite interpellé par la singularité du personnage. Il prend des notes sur un carnet ressorti opportunément quarante ans plus tard, alors que la situation politique en Iran continue, presqu’inchangée, avec cette obsession de la puissance nucléaire, qui ferait de ce pays, déjà redoutable puissance régionale, un véritable acteur international. Le témoignage de Mano et son activité secrète prouve que l’Iran, à qui Framatome a refusé l’achat de centrales nucléaires, s’est déjà focalisé, dès cette époque, sur l’obtention de ces armes qui lui donneraient une puissance équivalente à celle d’Israël, l’ennemi juré. Dans ce récit, rapporté par l’auteur, Mano, par l’intermédiaire de son ami Shariati assassiné pour ces prises de positions révolutionnaires,  nous révèle toute la virulence de l’opposition laïque. Depuis, on connaît l’issue de ce combat. Les meurtres. Les complots. Et enfin l’accession au pouvoir de l’Ayatollah Khomeiny.
Un livre édifiant sur la folie des grandeurs du Shah, sur l’influence encore considérable à l’époque des intellectuels français, sur les rêves de démocratie. Des souvenirs. Et une réalité tragique toujours bien vivante : celle de la situation au Proche-Orient. 

L'éditeur

Après un projet mûri de longues années, les Éditions Nouvelle Bibliothèque voient le jour fin 2017. Toute jeune maison d'édition qui commence, avec enthousiasme, à travailler dans le monde de la littérature.

Nous nous efforçons de donner la lumière à cette majorité silencieuse des auteurs inconnus ainsi qu'une rémunération plus équitable tout en assurant un travail de promotion le plus poussé possible. 
De nouveaux auteurs de qualité, des récits de qualité et des livres de qualité... voilà quelle est notre philosophie, notre origine et notre objectif.
Un grand merci aux Éditions Nouvelle Bibliothèque pour ce SP !