Merci infiniment, Gilles Kerlorc'h, d'avoir accepté de répondre à nos questions !
Comment est née l’idée du Rocher des naufragés ?
Le rocher des naufragés est né d’une envie de partager une écriture avec un ami d’enfance, Franck Lefebvre Billiez, lui aussi auteur, dans des univers qui nous portent, l’imaginaire. Je suis d’origine bretonne et il me paraissait évident de situer l’intrigue dans ces paysages que je connais si bien et plus encore sur les côtes de Moëlan-sur-Mer, où se trouvait la maison de mes grands-parents.
Quelles ont été vos principales sources historiques concernant la navigation et la peste de Marseille ?
Les sources d’inspiration sont basées sur des événements réels et des recherches en archives ou documentaires. Je suis plongeur archéologue, et les faits relatés, les personnages historiques ont existé, il y a bien sûr une part d’imaginaire qui a pris le pas dans l’histoire. Mais tout est basé sur l’histoire entre Marseille et les côtes bretonnes.
La Bretagne occupe une place très importante dans le roman : que représente-t-elle pour vous sur le plan littéraire et imaginaire ?
La Bretagne est mon pays d’origine et de cœur. C’est un territoire où j’ai vécu des découvertes extraordinaires et émotionnelles et l’évoquer est une sorte d’hommage et de remerciements à ces terres. Il y a une sorte d’ambiance si particulière qui évoque tellement d’histoires à raconter.
Comment avez-vous construit l’équilibre entre enquête, aventure maritime et fantastique ?
Il fallait un équilibre entre les moments se passant sous les eaux et l’enquête du couple, Gall et Morgane. Les lieux visités sont le réel, Moëlan, les maisons, le port, Quimper, Quimperlé… Le fantastique est arrivé par touches, sans entrer brutalement dans le récit.
Le personnage de Camille apporte un regard très singulier sur les événements : pourquoi avoir choisi une enfant pour incarner la clairvoyance ?
Camille est la part d’enfance de ce récit, la naïveté (dans le sens : ouverte aux belles histoires et au rêve) et du comment les rêves de Camille seront interprétés par les adultes. Personnage au second plan, mais au rôle essentiel, elle rêve, alerte et s’inquiète pour Gall et Morgane. Elle a un rôle en fil rouge dans ce récit. Elle est l’ange gardien de Gall et Morgane. Deux personnages eux aussi inspirés par des personnes réelles.
Quels auteurs et quelles œuvres ont nourri votre imaginaire pour ce roman ?
Franck et moi-même sommes de grands lecteurs, nous aimons la littérature populaire d’aventure comme Bob Morane, Jules Verne, Brussolo…
Comment s’est organisée votre écriture à quatre mains ?
J’ai rédigé le premier jet, Franck a repris le manuscrit, développant l’intrigue, donnant plus de consistance aux personnages et nous avons fait des allers-retours du manuscrit jusqu’à sa finalisation. Écrire à quatre mains est un exercice particulier où l’auteur doit s’effacer pour le récit, on doit travailler son écriture afin d’avoir une cohérence de style et de fluidité. Un exercice difficile, mais passionnant.
Souhaitez-vous avant tout faire frissonner le lecteur, transmettre une mémoire historique ou raconter une aventure humaine ?
Le but est de permettre au lecteur de partir dans une histoire qui le porte, qui le fasse rêver. Pour lui permettre de se dire, je reconnais ces lieux pour les avoir parcourus, mais ils sont aussi des portes vers l’imaginaire.
La mer est presque un personnage : était-ce intentionnel dès le départ ?
La Mer avec un grand M est le personnage essentiel de ce roman. Tout se passe en surface et sous les eaux. La mer révèle des mystères et aussi enlève les hommes. Franchir le miroir de l’eau est une aventure à elle seule.
Pensez-vous revenir un jour à cet univers ou à ces personnages ?
J’ai écrit un nouveau texte où l’on retrouve Gall et Morgane sur une nouvelle aventure plus courte, cette fois-ci sur l’île de Sark. Où l’on se confronte à une part de l’imaginaire anglo-normand et ce qui fait l’échange entre ces deux héros. Une histoire sombre avec des portes ouvertes vers l’imaginaire et la tradition de la piraterie des îles anglo-normandes…
Le mot de la fin ?
Gall et Morgane ont sans doute encore beaucoup d’aventures à vivre :-)

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