dimanche 4 février 2018

Sous la couverture (Nouvelles) de Raphaël Morgano -- Chronique, interview de l'auteur & CONCOURS



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Présentation de l'éditeur
Toutes les nouvelles de ce recueil ont pour point commun la thématique du livre. « A chute » pour la plupart, elles expérimentent à des degrés divers le concept de mise en abyme. Elles s'entremêlent subtilement aux œuvres des écrivains qui les ont inspirées (Borges, Cortázar, Paul Auster...) et sont autant d'hommages à nos rapports ambigus à la lecture et à l'écriture. La nouvelle d’ouverture, Fellation, tend un piège assez grossier au lecteur, par lequel l’auteur applique sans retenue le conseil de l’un des personnages. Celle qui suit, Rotation, est un conte du bookcrossing. Dans Provocation, Julien Courtade, avatar de Julio Cortázar, propose des variantes à Continuité des Parcs... Ce recueil, dans une version courte, a été finaliste du Prix de la Nouvelle d'Angers 2016. Ce prix est le seul en France à récompenser un recueil entier inédit.

Ma Chronique

Enseignante de littérature américaine, auteure, lectrice insatiable, la 4ème de couverture de ce recueil de nouvelles ne pouvait pas me laisser de marbre, j’ai immédiatement eu envie de le lire.
Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre : des nouvelles-nouvelles (clin d’œil à l’auteur), des nouvelles-essais ? Des nouvelles qui aborderaient, en filigrane, les thèmes passionnants de l’écriture et de la lecture ? Les états d’âme d’un écrivain ?
Eh bien, je n’ai pas été déçue, c’est le moins qu’on puisse dire !
Outre la qualité intrinsèque de chacune de ces nouvelles, outre la réflexion plus ou moins sous-jacente sur les procédés créatifs, l’écriture, la lecture, cet ouvrage, didactique à certains égards, a la grande vertu de nous entraîner dans des mondes fictifs qui illustrent parfaitement le propos de l’auteur.
Il ne s’agit en aucun cas d’une démystification de l’écriture qui consisterait uniquement à en dévoiler les rouages, ni d’une réflexion froide, mais bien d’une recherche sur la vérité de l’écriture dans ce qu’elle a de plus personnel et d’essentiel ! Tout écrivain sera d’ailleurs en mesure de se retrouver -comme moi-même- dans ces récits haletants et bien écrits.
Les références à Paul Auster ou Kafka m’ont particulièrement touchée car je considère que ces auteurs ont une démarche qui sublime l’écriture, ce qui a permis à l’enseignante que je suis de faire exprimer leur créativité à des dizaines d’élèves.
La quintessence, selon Raphaël Morgano, de la nouvelle intitulée Continuité des parcs me rappelle Mr. Jones de Truman Capote, un texte particulièrement fort et synthétique, que j’ai eu l’occasion d’étudier longuement dans ma classe.

Il est toujours délicat de chroniquer des nouvelles sans les déflorer. Aussi préférai-je m’arrêter là et laisser au lecteur curieux le soin de découvrir ce recueil si original !
Bravo pour ce tout de force : une année commencée en beauté !

Marie-Hélène Fasquel.

Interview exclusive de l'auteur

Quelle sorte de lecteur êtes-vous ?
Eclectique. J'aime alterner classiques et contemporains, sans genre de prédilection. Je peux lire un Zola et enchainer avec un Grangé, lire Gide puis Bret Easton Ellis. Dans tous les cas la lecture doit être un plaisir et non pas une contrainte. Je ne lis malheureusement pas ou plus autant que je le souhaiterais en ce moment.

Quelles sont vos influences littéraires majeures ?
J.L. Borges en premier lieu, l'alliance la plus aboutie entre intelligence et poésie qu'il m'ait été donné d'avoir entre les mains. Et pourtant je n'ai aucune prétention d'être au niveau de compréhension des exégètes qui analysent son œuvre car il y a chez Borges une érudition qui est proprement stupéfiante et face à laquelle on se sent tout petit. Mais cela ne m'empêche pas de savourer. Il y a sans doute beaucoup d'autres influences, que ce soit des auteurs ou des œuvres isolées, mais je ne saurais dire en quoi ni dans quelle mesure elles influencent mes idées ou mon style d'écriture. Dans des registres totalement différents, je suis sensible à la petite musique de Lovecraft, comme j'aime le style de Modiano. "Cent ans de solitude" a été un coup de massue. "Le Meurtre de Roger Ackroyd" aussi ;)

Quand avez-vous commencé à écrire ? Avez-vous eu un déclic ?
Pas vraiment de déclic, plutôt un long cheminement... et je ne suis pas du tout un écrivain compulsif capable d'écrire tous les jours ou d'imaginer un roman monumental à partir d'une scène vue dans la rue. J'ai peu écrit en fait. Même si le genre est exigent, la nouvelle est un format pratique quand on manque de temps, d'inspiration, ou des deux :)

Quelle est votre nouvelle préférée ?
Eclosion. A la fois la plus riche, la plus complexe, et sans doute la plus originale. C'est comme un puzzle que le lecteur doit reconstituer, mais sans avoir la boîte qui donne le modèle. Avec le risque qu'elle ne soit pas bien comprise comme j'en ai déjà eu le retour malheureusement. Mais je résiste encore pour le moment aux conseils qui me poussent à la simplifier !

Quelle est la nouvelle qui a été la plus difficile à écrire ? Pourquoi ?
Eclosion encore. L'idée la plus ancienne que j'avais (depuis 10 ans au moins avant d'écrire le premier mot), mais il m'a fallu un déclic pour trouver comment la structurer. Quand ce déclic est venu, j'ai ensuite écrit le premier jet en seulement quelques heures. Premier jet du reste assez proche de la version que vous avez eue entre les mains.

CONCOURS !


Raphaël Morgano et moi-même vous proposons un concours !
Pour tenter de remporter Sous la Couverture, il vous suffit de :
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L'heureux gagnant sera tiré au sort le 20 février 2018.



Merci infiniment à Raphaël Morgano et au site Simplement pour ce SP !