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14 septembre 2026

Chronique littéraire jeunesse : Nouvelles de Noël de Julie Safier-Guizard (Éditions Ex Æquo).


Résumé de l'éditeur
Et si les plus belles surprises arrivaient quand on se sent seul ?
Léonie, dont la maman pilote passe son temps dans les nuages, ferait tout pour redonner le
sourire à sa mamie adorée. Même si cela doit l’entraîner dans une aventure haletante sur les quais
de Paris.
Elio, dont les parents sont séparés, redoute ce premier Noël seul avec son père. Mais une tempête
de neige va donner au réveillon une tournure inattendue.
Deux histoires qui font la part belle à l’émotion, pour s’émerveiller du pouvoir des rencontres.
Lectorat 8/11 ans

Notre chronique
Nouvelles de Noël de Julie Safier-Guizard abordent les fêtes à hauteur d’enfant. L’autrice s’intéresse en effet à ce que Noël représente lorsque la famille, les habitudes, les circonstances ne correspondent pas à l’image que l’on a de la fête.
Dans Un disque pour Mamie Rose, Léonie, souvent seule en raison du métier de sa mère, marquée par la disparition de son père, trouve auprès de sa grand-mère un espace de réconfort. Lorsque le vieux 45 tours de Jimmy Day de Mamie Rose est rayé, associé aux souvenirs de son père disparu, Léonie se retrouve confrontée à un véritable dilemme moral…
La rencontre avec Jules permet ensuite de déplacer l’histoire vers l’amitié et la compréhension. Tous deux découvrent qu’ils partagent la même solitude, malgré des vies très différentes. 
Une nouvelle sur le deuil et nos façons d’y faire face, sur la solitude et l’importance de l’amitié, de la famille. 
Seul à Noël part d’une situation différente : Elio redoute de passer les fêtes seulement avec son père depuis la séparation de ses parents. La rencontre avec Meriem l’amène progressivement à remettre en question sa représentation de la solitude. « C’est fou comme on oublie vite que tout le monde n’est pas comme soi », constate-t-il lorsqu’il découvre que Noël n’est pas célébré dans la famille de sa voisine. 
La fête solidaire que Meriem et d’autres bénévoles organisent pour les gens qui passent Noël seuls est un lieu de rencontre entre des cultures, des histoires et des générations différentes. 
Le conte aborde également le handicap sans faire de Meriem un personnage défini par sa prothèse : derrière l’assurance qu’elle affiche, elle reconnaît ses peurs, avant de retrouver confiance grâce au regard d’Elio.
Ces deux textes reposent sur le déplacement du regard. Comme chez Dickens, Noël est une occasion de comprendre ce qui relie les individus. Mais Julie Safier-Guizard inscrit cette idée dans un quotidien contemporain, avec des enfants confrontés à la séparation, au deuil, à l’isolement et aux différences culturelles. Une lecture chaleureuse, qui privilégie les situations concrètes et le dialogue pour transmettre l’idée que la fête prend surtout son sens lorsqu’elle permet de ne plus être seul.


Pour aller plus loin


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Gabriel et Marie-Hélène.