Résumé de l'éditeur
Et si les plus belles surprises arrivaient quand on se sent seul ?
Léonie, dont la maman pilote passe son temps dans les nuages, ferait tout pour redonner le
sourire à sa mamie adorée. Même si cela doit l’entraîner dans une aventure haletante sur les quais
de Paris.
Elio, dont les parents sont séparés, redoute ce premier Noël seul avec son père. Mais une tempête
de neige va donner au réveillon une tournure inattendue.
Deux histoires qui font la part belle à l’émotion, pour s’émerveiller du pouvoir des rencontres.
Lectorat 8/11 ans.
Julie racontait déjà des histoires à cinq ans et, ses dessins sous le bras, proposait à ses voisins de petits spectacles.
Adulte, elle a d’abord exercé le métier de musicienne avant de décider de se consacrer à son travail d’autrice et de formatrice en écriture, notamment en milieu hospitalier. Elle vit à Paris avec sa famille, près de la terrasse d’un café où elle écrit chaque jour, quelle que soit la météo !
Interview
Dans « Un disque pour Mamie Rose », la musique occupe une place centrale et entretient un lien très fort avec la mémoire familiale. Quelle importance accordez-vous à la musique dans votre propre écriture ?
La musique occupe une place centrale dans mon écriture, avant tout parce que j’accorde une attention constante à l’équilibre sonore du texte : je me relis toujours à haute voix. Et comme je suis aussi autrice jeunesse pour les tout-petits, cette musicalité du texte qui sera raconté par un adulte à l’enfant est pour moi cruciale, et se travaille tous les jours.
En tant que thématique, la musique frappe aussi très souvent à ma porte ! Si elle est centrale dans « Un disque pour Mamie Rose », elle est aussi omniprésente dans mon premier roman où l’héroïne est une pré-ado pianiste, ou encore dans le scénario BD sur lequel je travaille en ce moment et qui met en scène deux petits musiciens pendant la Seconde Guerre.
Cette relation étroite avec la musique s’est bien sûr tissée tout au long de mon parcours de musicienne et enseignante en musique, s’immisçant partout dans mon écriture...
L’objet occupe également une fonction importante dans vos histoires : le disque, puis le petit sapin d’Elio. Comment choisissez-vous ces objets porteurs d’émotions et de sens ?
Les choix se font peu à peu, au gré de mon intuition et de mon travail.
Le disque s’est imposé après avoir écrit une première version où il était question d’un livre ancien ; mais j’ai rapidement trouvé que la musique apportait plus de vivant.
Pour ce qui est du sapin fait de kapla, c’est une de mes marottes : le détournement d’objets ! Et faire en sorte que ces nouveaux objets fassent lien entre les personnages.
Au fil de l’écriture, j’aime affiner, réorienter mes choix d’objets, j’essaie de parvenir au plus juste par rapport à mes personnages.
Dans « Seul à Noël », vous faites se rencontrer des personnages d’origines et de cultures différentes. Comment avez-vous travaillé cette dimension interculturelle ?
Je pense que je me suis attachée avant tout à retranscrire les liens qui se créent peu à peu entre les personnages, car c’est ce qui m’intéressait, au-delà des différences de culture. Pour évoquer ces différences, j’y suis donc allée par petites touches. Je voulais ici que ces différences rassemblent, rapprochent, soient vécues comme des particularités propres à aiguiser notre curiosité, non qu’elles interrogent sur ce qui peut séparer les êtres humains.
Le personnage de Meriem permet d’aborder le handicap, mais aussi les peurs et les fragilités parfois invisibles derrière l’assurance apparente de la personne. Était-il important pour vous de montrer cette complexité ?
Effectivement, pour avoir rencontré ces situations de handicap invisible de manière très proche, je sais combien elles sont complexes et peu reconnues, créant des murs eux aussi invisibles entre celui qui en souffre et les autres. J’avais à cœur de montrer que ces situations sont plus courantes qu’on ne le pense.
Vos personnages sont confrontés à des situations difficiles, mais vos récits sont positifs. Comment trouvez-vous l’équilibre entre la gravité des thèmes et la tonalité propre au conte de Noël ?
À mon sens, ce sont justement les difficultés traversées par les personnages qui permettent d’apporter au récit chaleur et sensation de magie, propres au conte de Noël.
Pour reprendre la sublime phrase du chanteur Léonard Cohen : « There is a crack in everything, that’s how the light gets in. »
Les enfants de vos histoires évoluent beaucoup au contact des autres. Diriez-vous que, dans votre écriture, la rencontre est une forme d’apprentissage ?
J’aime raconter les rencontres qui nous forgent, les amitiés comme les inimitiés. Dans ma vie d’adulte, je continue à apprendre au contact des autres et j’ai envie de transmettre cette richesse quotidienne à hauteur d’enfant. On grandit en se frottant au monde, et l’apprentissage par le lien est le plus vivant de tous, souvent surprenant, parfois chahutant, et il s’ancre d’autant plus en nous qu’il passe par l’affectif.
Quelle place accordez-vous au dialogue et au point de vue enfantin dans votre processus d’écriture ? Cherchez-vous à retrouver une manière particulière de percevoir le monde ?
Comme j’écris en « voyant » les scènes, les dialogues me viennent facilement, comme si j’écoutais les enfants se parler. Je dirais donc que je n’ai pas vraiment à retrouver le point de vue enfantin, mais plutôt que je continue à y être immergée. Il faut dire que j’ai toujours passé beaucoup de temps avec les enfants, que ce soit grâce à l’enseignement ou avec les enfants que j’ai à la maison !
Quel est le message principal de ces deux contes que vous aimeriez que les lecteurs emportent ?
J’aimerais qu’ils se disent : « Même si j’ai peur, je peux faire confiance aux rencontres de la vie : si je reste ouvert aux autres, l’inconnu m’apportera son lot de très belles surprises. »
Le mot de la fin ?
Les histoires que je raconte poursuivent, au fond, une même idée : l’écoute est ce que nous avons de plus précieux pour prendre soin les uns des autres et du monde. Je crois que si un de mes petits lecteurs me demandait comment on devient écrivain, je dirais de même : écoute, puis tu écriras.

Je suis ravie et très reconnaissante d'avoir pu échanger de manière aussi passionnante avec Marie-Hélène et Gabriel qui m'ont proposé une interview façonnée au cordeau...
RépondreSupprimerMerci à toi d'avoir accepté de nous répondre ! :)
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