dimanche 3 décembre 2017

Chronique : Le « viol » de Prague de Martin H.M. Schreiber, traduction de Marie—Christine Gallicher.


Merci infiniment à Marie-Christine Galicher et @simplementpro pour ce SP :

Résumé :
Martin H.M. Schreiber est un photographe tchéco-américain, né en 1946, professionnel depuis cinquante ans, qui a créé "le buzz" en 1985 dans "Playboy" par la publication de ses photos d'une jeune Madonna (encore incon (nue) en 1979) mais c'est surtout un artiste protéiforme de talent et d'abord un émigré de Prague. Il livre un émouvant témoignage sur l'absence de racines, l'idéalisation et le manque de la patrie perdue, l'excitation à l'idée de confronter le rêve à la réalité et l'hostilité des autres face à la différence dans les autres pays où il a vécu ainsi que sur les événements de la "Révolution de velours" en 1989, à Prague, dont il a été le témoin privilégié et l'un des photographes.

Ma chronique :
Ce texte est très touchant, car il est écrit à la manière d’un journal, dans lequel l’auteur nous parle, au jour le jour de sa vie d’expatrié aux Etats unis et de la nostalgie de sa patrie idéalisée dans son esprit. Finalement, trente ans plus tard, en pleine période soviétique, il retrouve son pays natal :

J’avais quitté Prague à l’âge de deux ans et, à présent, à l’âge de trente, je revenais pour la toute première fois. J’effectuais mon voyage muni de quelques noms et de beaucoup d’émotions. Je passais 21 jours merveilleux dans "la cité d’or" …

Comble d’ironie, sa famille avait fui le communisme pour se retrouver dans un pays d’accueil livré à la répression maccarthiste, et lorsqu’à 30 ans, il retrouve Prague, les informateurs à la solde du régime sont partout et il faut se méfier de tous !
Cette autobiographie est une belle plongée au cœur de l’intolérance, déclinée sous ses différentes facettes en URSS et aux USA. Toutefois l’Histoire avance, « La Révolution de Velours » mettra un terme à un régime autocratique, et le maccarthisme disparaitra à son tour.
Une autobiographie passionnante et instructive, qui nous montre qu’à la fin des fins la nature humaine reprend toujours le dessus !
Lien vers l’ouvrage sur Amazon.

Thierry Erhart et Marie-Hélène Fasquel.