Je suis allé voir Bérénice pour la première fois en Septembre 2018 au théâtre de Nesle.
Dès que j’ai su que la pièce était rejouée, je m’y suis précipité. Certains s’étonneront que l’on puisse éprouver le besoin de revoir quoi que ce soit. Pas moi. En effet, plus le temps passe et plus j’aime relire, redécouvrir, réécouter ou contempler à nouveau toute œuvre qui m’a touchée. Et Bérénice, servie par une actrice polymorphe et talentueuse, est de ces pièces dont la richesse ne peut être appréhendée en une fois.
Lorsque je l’ai découverte, je me suis particulièrement attaché à son aspect historique, passionnant, et, pour moi, quasi inconnu. Comment le monde du théâtre a-t-il abordé la Seconde Guerre mondiale et l’Occupation? Comment les acteurs ont-ils été traités ?
Ont-ils collaboré pour certains ? Délaissant cet aspect, au demeurant passionnant, je me suis cette fois intéressé à une autre dimension de l’histoire, tout aussi importante à mes yeux : celle de la vocation contrariée. Personne ne doute qu’il est difficile de réussir dans ce milieu professionnel, et peut-être plus encore de nos jours. Mais cette réussite n’est-elle pas encore plus ardue quand nos propres parents s’y opposent ? Violence de la guerre, violence des rapports familiaux. Tout s’entremêle dans cette histoire où des réalités cruelles côtoient le rêve, souvent romantique, de la scène. Violette endosse le rôle de combattante tous azimuts, avec une énergie, une puissance, une conviction qui nous fait bien souvent oublier qu'elle est seule sur la scène pour le faire. Et, à la fin, lorsqu’elle salue, lorsqu’on applaudit son exceptionnelle performance, on sent qu’elle est encore entourée par les ombres de tous ceux qu’elle a voulu représenter avec une passion qui est précisément celle que le théâtre demande aux grands acteurs.
Gabriel.

Merci pour ce sublime article, sensible et merveilleusement écrit, qui m’a profondément touchée !!! ♥️
RépondreSupprimerAvec un immense plaisir, Violette. Bravo et merci à toi de nous enchanter !
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