samedi 21 juillet 2018

Chronique : TERMINUS Par Jonathan THEROUDE (Editions Nouvelle Bibliothèque)


Résumé de l'éditeur
Vincent Kaplan avait tout pour être heureux. Une situation professionnelle, une vie de couple épanouie et une fille merveilleuse. Mais il a tout foiré. Par faiblesse. Ou par vanité. Ou par stupidité peut-être... Une lente descente aux enfers commence. Mais la vie est faite de rencontres. Parfois salvatrices. Une lente remontée vers la lumière s'opère alors. Non sans difficulté. Non sans doute. Non sans appréhension. Le prix du chemin de la rédemption. Peut-être... Il renoue, doucement, avec tout ce qu'il a perdu. Et des ténèbres surgit la lumière. D'abord une faible lueur d'espoir. Ensuite, une folle promesse de retrouvailles avec sa fille, Marie, perdue de vue depuis si longtemps. La vie est faite de rencontres. De bonnes et de mauvaises. Au bon moment ou au mauvais moment. Pour le meilleur et le pire. Pour le meilleur ou le pire.
Jonathan Theroude est auteur d'un premier roman, "Terminus" (auto-édité en 2017), paru aux Éditions Nouvelle Bibliothèque en 2018.

L'auteur
Je dirais que j’ai un profil plutôt atypique, autodidacte, ce n’était pas gagné d’avance pour moi d’entrer dans le monde littéraire. Issu d’une famille modeste, j’ai vécu dans un environnement familial compliqué et ai été déscolarisé dès l’âge de seize ans. De plus, en France, on porte beaucoup d’attention au parcours académique, donc autant vous dire que mon profil ne fait pas rêver ! J’ai comme unique diplôme le brevet des collèges. Mais j’ai envie de prouver que lorsque l’on s’en donne les moyens, on peut réussir ! Je n’ai pas fait les grandes écoles, je suis plutôt de l’école de la rue, de la débrouille. Alors, après avoir passé plus ou moins dix ans à écumer les petits boulots, ne sachant pas vraiment quoi faire de ma vie, j’ai rencontré ma femme et grâce à elle, j’ai repris confiance en moi. Elle m’a toujours poussé à croire en moi et mes possibilités. Le chemin a été long et il y a quatre ans, je me suis lancé un défi qui est devenu un projet. Écrire ! Mais pour cela, j’ai dû travailler d’arrache-pied, moi l’ancien gamin paumé, non diplômé ! Reprendre le Bescherelle, revoir les règles de grammaire et j’en passe. Des heures à rattraper toutes ces années perdues. Mais ce n’était pas suffisant pour moi et même si mon écriture s’améliorait, je devais aussi comprendre comment on écrivait un livre.
Concernant mon parcours littéraire…TERMINUS est mon premier roman. J’ai également écrit quelques nouvelles sur Short Édition dont « Ouvre-moi ta porte » qui a été finaliste du Grand Prix du court été 2017 et recommandée par leur comité de lecture. Récemment, « La Vie d’Anton » a également été finaliste du Grand Prix Hiver 2018.
Je ne sais pas si j’écris dans un genre en particulier. PEn revanche, dans les grandes lignes c’est du Noir ! J’aime les histoires sombres. J’ai commencé la lecture dans l’imaginaire de Jules Verne, puis dans les fantastiques peurs de Stephen King. Ensuite, je me suis volontairement perdu dans le suspense de Grisham. Aujourd’hui, je ne lis que des thrillers ou des polars. Très Américain dans mes premières lectures : Coben, Connelly, je me suis progressivement dirigé vers les auteurs français pour mon plus grand plaisir ! Grangé, Thilliez, Norek, Scalese pour ne citer qu’eux. Parfois, je me laisse tenter par un Musso, pour changer de registre, même s’il s’est également lancé dans les thrillers. De plus en plus, j’éprouve une attirance pour les thrillers ou polars scandinaves que je trouve délicieusement sombres, comme ceux de Jussi Adler Olsen. Et pour finir, de temps en temps, j’essaie d’enrichir ma culture en lisant des classiques. Le dernier en date, un vrai bijou : La nuit des temps de Barjavel.
Mais mes inspirations ne sont pas que littéraires ! J’adore le cinéma ! Scorsese est son univers mafieux impitoyable. Michael Mann et ses scénarii à couper le souffle ou encore la folie de David Fincher, l’implacable humour de Francis Veber ou le sombre univers d’Olivier Marchal. Bref, un petit aperçu de mes inspirations.
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 Le podcast de l'émission Tranche de livre Avec Henri Delorme ! L'émission littéraire de Radio Arverne en partenariat avec la Librairie Les Volcans

Notre chronique 
Un tout premier roman très réussi ! Un style épuré, vrai, touchant. Un schéma narratif complètement chamboulé. Du suspense et des émotions fortes. Ce roman atypique nous présente un narrateur / protagoniste au tempérament à fleur de peau, tombé dans la déchéance et l’alcoolisme à la suite de son divorce, après un parcours professionnel brillant. Cette histoire de la chute d’un homme, de ce qu’il appelle sa vie « gâchée », d’un amour en miettes, de la vie de 3 personnes brisées (Vincent, son ex-femme Babeth, leur fille Marie) à partir d’un faux pas nous donne à penser que tout un chacun peut sombrer… C’est aussi l’histoire de la quête de Vincent, d’un renouveau, la tentative de s’en sortir.
Un roman de mœurs, un thriller, aux personnages fouillés et humains, si humains qu’ils nous touchent tous à leur façon. Leurs douleurs, leurs difficultés, leurs passés les poussent dans leurs derniers retranchements même si Vincent fait tout ce qu’il peut pour s’en sortir.

Des épisodes forts, durs, qui nous rappellent les attentats dont nous avons été les témoins, au moins dans les media, qui nous rappellent qu’il faut faire en sorte de vivre et de profiter des siens alors que notre monde n’est pas toujours accueillant.



Interview de l'auteur

Quand avez-vous commencé à écrire ?
Avec le recul, je me dis maintenant que l’écriture a toujours été présente. Elle était cachée dans ces mondes que j’étais le seul à voir. Ceux qui me permettaient de voyager dans des contrées encore inexplorées. De devenir un aventurier, un médecin, un héros qui sauverait le monde ou parfois… ou simplement pour fuir mon quotidien. Sinon, il y a environ cinq ans, lorsque je me suis installé en Auvergne j’ai voulu passer de l’autre côté. Je me suis persuadé que j’en étais capable. Ce projet était complètement fou, car j’ai longtemps porté au fond de moi les stigmates de mon échec scolaire ! Ceux qui vous empêchent de croire en vous et d’avancer. Mais mon envie et mon courage ont pris le dessus. Encouragé par ma femme et ma fille, je me suis donné le droit de rêver à nouveau.
Quelles sont vos principales influences ?
Mon parcours n’est pas académique, donc je ne puise pas mon inspiration dans la littérature classique. J’ai découvert la littérature avec Jules Verne, puis Stephen King. Ensuite, j’ai très vite basculé dans le roman noir. Le thriller, tout particulièrement. Si je devais désigner un coupable. Celui qui m’a fait plonger dans cette addiction, ce serait John Grisham ! J’aime sa façon de nous balader dans les méandres du système judiciaire américain, de nous donner cette irréductible envie de tourner les pages. Son univers me fascine. J’ai vécu la plupart de ses romans comme des pamphlets décriant l’absurdité du comportement humain face au pouvoir ou à l’argent. Cette faculté que l’homme possède pour tout détruire, anéantir. L’envie de vouloir toujours être au-dessus des autres dans l’unique but d’éprouver un plaisir pervers à les écraser.
Quel lecteur êtes-vous ?
Je dirais émotionnel. J’ai besoin de ressentir les émotions du ou des personnages. Lorsque je me plonge dans un livre, j’attends ce moment où l’alchimie opère pour ne plus avoir à lire, mais à vivre l’histoire.
Vos 5 romans préférés ?
  • Ça – Stephen King
  • Non coupable – John Grisham
  • Puzzle – Franck Thilliez
  • La nuit des temps – Barjavel
Je ne savais pas trop comment les départager, donc je vais en mettre six !
  • L’armée des ombres – Joseph Kessel
  • Et Killarney 1976 de mon ami Joël Macron
Que représente la littérature pour vous ?
La littérature est un art dont la richesse est inestimable, car nous la partageons et de ce fait, elle nous appartient à tous.
La lecture ?
Pour moi, elle est avant tout un divertissement dans lequel je peux m’évader. Par ailleurs, bien sûr, elle me permet de me cultiver, de m’enrichir, d’évoluer et de ne pas "mettre à l’abri" mon empathie et mon hypersensibilité.
L’écriture ?
Aujourd’hui, j’ai franchi un cap et je peux dire qu’elle est devenue viscérale. Je ne la garde plus comme un secret et je n’ai plus cette peur irrationnelle de coucher les mots sur le papier. J’ai juste envie d’écrire pour partager mon imaginaire.
Exercez-vous une autre profession ?
Plus depuis un mois. Mais pendant l’écriture de Terminus, je travaillais comme agent d’exploitation dans un parking souterrain et cela depuis neuf ans.
Si oui, comment gérez-vous les deux ?
Je dirais les trois même, car il y avait l’écriture, la vie professionnelle et la vie familiale. Ce n’était pas simple. C’était un peu comme vivre plusieurs vies en même temps. Je me souviens lors de l’écriture du roman (les derniers chapitres, plus précisément) après sept ou huit heures d’écriture sans interruption avoir eu énormément de mal à revenir à la réalité.
Avez-vous des habitudes / petites manies d’écrivain ?
Lorsque j’écris, je commence par la fin. J’aime imaginer la fin de mon histoire avant de la commencer. Puis, je la peaufine tout au long du récit.
J’ai gardé cette habitude d’enfant pour qui plus rien n’existe autour de lui lorsqu’il est dans son monde. J’ai besoin de visualiser mes scènes, de vivre chacun des personnages avant d’écrire.
Aussi, je sais que ce n’est pas bien, mais j’aime bien avoir des confiseries à portée de main quand j’écris.
Un mot de la fin ?
Merci à tous celles et ceux qui, de loin comme de près, ont permis à mon roman de prendre vie. N’oubliez jamais de vivre vos rêves, car la vie ne tient qu’à un fil.
Un grand merci aux Editions Nouvelle Bibliothèque !