05 octobre 2026

Chronique littéraire : 5h40 à Kanshoji de Cora Geyer, illustré par Yamina Geyer (Mama éditions).

Résumé de l'éditeur
Et si recouvrer l’attention commençait par accepter le silence ?
Dans une société occidentale saturée d’informations et d’écrans, Cora Geyer nous fait éprouver une voie possible de réalignement à travers une immersion dans le quotidien du monastère bouddhiste zen Kanshoji, niché au cœur de la Dordogne.
Découvrez le récit sensoriel et intime d’une femme sensible, qui partage, au fil de dix jours de retraite, l’éveil des sens, la beauté des instants simples et la force tranquille retrouvée, pas à pas, inspiration après expiration. Une expérience qui bouleverse et guérit.
Pour prolonger le charme de ce voyage intérieur, le texte est illustré de douces aquarelles, réalisées par sa mère, Yamina Geyer. Une œuvre à quatre mains, aussi bien visuelle que spirituelle, qui invite chacun à l’apaisement.

Notre chronique
5 h 40 à Kanshoji de Cora Geyer est un ouvrage d’une douceur extrême. Pendant huit jours, l’autrice nous emmène dans un monastère bouddhiste zen de Dordogne, loin du bruit, des écrans et de l’injonction permanente d’aller plus vite et de faire davantage.
Et il y a cette petite voix :
Fameuse et silencieuse.
Cette petite voix, que l’on porte,
Comme un talisman de survie,
Et que chacun saura compléter,
Selon son actualité :
“Allez, ça ira mieux quand…”
“Ce sera plus simple quand j’aurai…”
“...”
 (Pages 44 et 45) 
 Le récit, intime et sensoriel, s’attarde sur les gestes simples, les sons, les respirations, la lumière et les sensations. Inspiration après expiration, l’attention revient peu à peu au présent.
Avec Mei, nous faisons connaissance.
Dans le silence.
Et cela est d’une simplicité exquise.
(Page 41)
 J’ai lu ce texte d’une traite, avec la sensation de ralentir moi-même au fil des pages. Accepter le silence est une manière de retrouver ce que notre quotidien saturé d’informations nous fait parfois perdre de vue : la disponibilité au monde et à soi.
 Les aquarelles de Yamina Geyer accompagnent le texte avec la même douceur.
 Il y a quelque chose du journal de retraite dans ce livre, qui me rappelle Le curiste de Hermann Hesse. 
Cette pratique de l’attention,
Ne recherche aucune performance.
Elle tient dans le processus.
L’attitude, simple en théorie,
Consiste à identifier et à éteindre
             le bavardage,
Aussi souvent qu’il survient.
Lorsqu’il fugue vers hier, vers peut-être
             ou vers demain. 
(Page 40)
 Un cocon de lecture que l’on peut, sans hésiter, lire et relire.


Pour aller plus loin

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Gabriel et Marie-Hélène.