samedi 7 décembre 2019

Chronique littéraire : Mère de Laurent Huguelit (Mama Editions).

Présentation de l'éditeur
« J’ai des choses à dire à mes enfants… »
Invité par la forêt amazonienne à lui prêter sa plume, Laurent Huguelit nous fait découvrir l’enseignement de ce grand esprit que les peuples indigènes appellent « Madre » – la Mère.

C’est lors d’un séjour en Amazonie que l’auteur a été désigné porte-parole de la grande forêt par l’esprit de la mère de toutes les mères en personne.

Conformément au contrat spirituel qui s’est lié au sein de cette matrice végétale, Laurent Huguelit a mis sur papier les paroles, les visions, les impressions et les anecdotes que la forêt lui a demandé d’exprimer.

C’est un enseignement prodigué par la nature qui nous est livré dans ces pages, un pèlerinage au cœur de la grande famille du vivant. On y croise, tour à tour, l’arbre ancestral, la clarté de la conscience, la compassion, les chamanes et leurs chants de guérison – mais également, parce que tout doit être connu, les affres de l’obscurité.

Avec Mère, l’intention de la forêt est de rétablir le lien sacré qui relie l’humanité à la planète Terre, pour qu’une nouvelle conscience puisse émerger – et pour que les enfants de la forêt retrouvent celle qui les a vu naître et grandir. Pour qu’ils la respectent, la préservent et l’aiment.

Ils recommandent !
 L’émerveillement face à l’Amazonie, que partage avec nous Laurent Huguelit, est une invitation au respect. 
MATTHIEU RICARD



L'auteur




Chamane suisse et pratiquant bouddhiste formé aux traditions de différentes cultures comme aux techniques modernes développées en Occident, Laurent Huguelit est le fondateur de L’Outre-Monde, un centre de pratiques chamaniques. Il est aussi membre de la Faculté des enseignants de la FSS (Foundation for Shamanic Studies, créée par l’anthropologue Michael Harner) pour les pays francophones d'Europe.
Auteur de Les Huit Circuits de conscience et co-auteur de Le Chamane & le Psy, Laurent Huguelit a également préfacé La Voie du chamane, Caverne et Cosmos et Chamanes célestes, publiés chez Mama Éditions.

Notre chronique
J’apprécie énormément les ouvrages de Mama Editions qui sont tous puissants. Et ce n’est pas sans émotion que j’ai débuté la lecture de Mère. Cette émotion, difficile à retranscrire avec les mots, ne m’a pas quittée tout au long de cette lecture magique. Lecture magique à divers niveaux : parce que cette lecture est apaisante, touchante de façon indicible, que ce texte très bien écrit (autant avec le cœur qu’avec les mots) et qu’il traite de l’essentiel, de notre rapport à la Mère, à notre terre. Un auteur époustouflant qui fait montre d’une authenticité, d’un amour véritable de l’Autre -- quel qu’il soit -- et de la nature, qui insuffle une véritable paix intérieure, un respect profond de tous et de tout.
Il s’agit en outre d’un ouvrage superbe et optimiste -- malgré la crise environnementale et sociétale qui nous secoue -- et d’un cadeau à offrir ou s’offrir sans hésitation aucune !
De superbes illustrations d'Angeline Bichon.


Interview 
Quel lecteur êtes-vous ?
J’oscille entre des périodes de travail et d’écriture intenses, durant lesquelles je dévore quantité d’ouvrages de référence allant de la fiction aux études anthropologiques, et d’autre périodes, lorsque je n’écris pas, où je me surprends à papillonner et à prendre le temps de me faire plaisir… Pendant l’écriture de Mère, je me suis astreint à une forme d’ascèse : j’ai très peu lu et pour me détendre, je me suis plongé une énième fois dans mes livres de jardinage, l’une de mes passions…

Quelles sont vos principales influences ?
Lorsque j’ai besoin de revoir mes fondamentaux, je révise les classiques du 19e siècle. C’était mon siècle de référence lors de mes études, avec Gustave Flaubert quelque part zénith de ma cosmologie artistique. Et de tout temps, beaucoup de femmes dans mes influences, de Virginia Woolf à Toni Morrison. En ce moment, avec ma compagne Angéline Bichon qui a énormément contribué à la genèse de Mère, nous lisons Gisèle Pineau et Anne Sibran, qui nous content les traditions des profondeurs...

Côté anthropologie, Hélène et Pierre Clastres, un couple de pionniers, Jean Malaurie, la noblesse d’âme incarnée, Claude Lévi-Strauss, que je respecte énormément, Michael Harner, qui m’a fait confiance et m’a soutenu... Le poète américain Dale Pendell est présent dans chacun de mes livres. Lao-Tseu, dont je découvre certaines traductions (une mention spéciale à celle de Léon Wieger, découverte grâce à une interview de Coline Serreau, que j’ai entendue à la radio lors d’un déplacement à Paris). À l’avant-garde spirituelle, Jane Roberts pour les Livres de Seth, qui me bouleversent au quotidien. Et une autre « Jane », la primatologue Jane Goodall, que j’admire au point de penser qu’elle mériterait le prix Nobel de la paix. Sans oublier, côté fiction, Aldous Huxley, mon compagnon de route depuis l’adolescence, avec ses pairs du roman d’anticipation, George Orwell, Philip K. Dick… and the great Ray Bradbury, of course !

Quand avez-vous commencé à écrire ?
À l’adolescence, j’ai commencé à prendre des notes dans un carnet en rêvant de devenir un jour auteur. Ensuite, jeune adulte, j’ai écrit un début de roman d’anticipation sur mon premier ordinateur, puis une ébauche de dialogue spirituel… L’écriture est devenue mon métier lorsque j’ai intégré le monde des médias, comme rédacteur et traducteur. J’ai été publié à 27 ans, en 2003, avec Libérer l’esprit, un livre sur le bouddhisme écrit entre deux séjours en Inde.

Quel retour de lecteur/lectrice vous a le plus ému ?
Évidemment, j’aurais envie de répondre que tous les retours de lecture nourrissent le travail de l’auteur. Chaque mot m’émeut, et cette émotion me relie aux personnes qui me font l’honneur de lire mes textes. Et puis, il y a des miracles, comme cette femme qui a vécu des choses très dures et m’écrit que Mère l’a aidée à trouver la force de croire en la guérison.

Quel a été votre plus grand bonheur littéraire ?
Spontanément, je dirais Le Serpent cosmique, de Jeremy Narby, lu en une nuit, suspendu entre deux mondes.

Comment avez-vous vécu la sortie de Mère ?
Comme un accouchement, une délivrance accompagnée d’émotions très fortes. J’ai pleuré tous les jours le temps de m’en remettre…

Le mot de la fin ?
Une citation de la forêt, dans Mère, qui me rappelle le caractère sacré des livres.

« Et qui d’autre que moi, la forêt, a pu donner – car c’est un don – les feuilles qui, mises ensemble, forment ce bel arbre que vous appelez “livre” ? C’est une offrande qui vous est faite… »

Pour aller plus loin

Le site de l'auteur.








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