Comment avez-vous abordé visuellement l’univers de Lucie, Gardienne de la Croix Sacrée ?
Visualiser l’univers de Lucie, l’aborder sans se poser trop de questions, en laissant libre cours à l’imagination, à la rêverie, dans un contexte que je connais bien depuis de très nombreuses années.
Quelles ont été vos premières intentions esthétiques en découvrant le texte ?
Il y a ce que l’on ressent visuellement et ce que l’on respire au fond de soi parmi cette végétation méditerranéenne, puis ces lumières changeantes au gré des vents et des saisons.
La nature occupe une place essentielle : comment avez-vous travaillé ses textures, ses lumières, ses rythmes ?
En effet, je ne peux pas compter le nombre d’heures passées à parcourir cette région du Pic Saint-Loup, admirer ces paysages, à les peindre. Mes premières peintures réalisées sur le motif ne m’ont pas quitté.
Cathy nous amène dans une atmosphère que j’ai souvent ressentie : à la fois le charme, l’angoisse, mais surtout l’espoir et enfin l’amour.
Comment avez-vous représenté des éléments plus abstraits, comme le rêve ou la présence de la mort ?
Pour traduire le rêve et la mort, j’ai proposé la peinture réalisée à partir du quatuor de Schubert, La jeune fille et la mort. Cette œuvre est envoûtante : je ne me lasse pas de l’écouter et d’en découvrir toutes les subtilités. Cette peinture est, à mon sens, la traduction majeure du conte.
Alors, il faut du temps pour faire ce chemin émotionnel, et j’ai eu cette chance de pouvoir l’exprimer à travers ce conte.
Qu’est-ce qui est du domaine de l’abstrait ? Voilà un bon sujet. Moi, je simplifie, car la peinture n’est que l’illustration du ressenti du peintre. Je n’ai pas un rapport académique ou cérébral forcé. Je cherche à respirer ! Alors, des roches humaines… et si c’était ainsi ? Qui n’a pas essayé de voir dans des minéraux, des nuages, des représentations humaines, animales ou végétales ? Le Pic Saint-Loup, au cœur du conte, est ainsi personnifié.
Plus largement, que recherchez-vous dans l’illustration d’un conte : accompagner, interpréter ou prolonger le texte ?
Les couleurs sont au rythme d’une vie : ombres et lumières, dans des palettes de couleur influencées par le thème. Pour ce conte, nous sommes à la fois dans le sombre et dans la lumière. Il y a des lieux, des moments, des êtres humains, du réel et de l’irréel. C’est cela qui m’a guidé.
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Gabriel et Marie-Hélène.