Résumé de l'éditeur
« Ce pays, quand j’y retourne, me vide le cœur d’amour tant je l’aime. »
Une jeune femme sent que la vie lui échappe : aimer, écrire, croire ne vont plus de soi. Lorsqu’on lui pose la question « qu’est-ce que le bonheur ? », elle est incapable d’y répondre. Elle se décide alors à quitter Paris pour revenir au Vietnam, le pays de ses origines.
Mais comment retrouver sa place quand les autres ont avancé sans vous ?
À Hanoï, elle renoue avec les odeurs, les lieux et les figures de son enfance : son père, dépositaire du passé ; sa marraine, Thi, qui l’initie au bouddhisme ; et Max, son amour d’enfance. Entre filiation, spiritualité et désir, se dessinent peu à peu les contours de sa quête.
Ample, sensoriel et vibrant, Hanoi stories est une véritable déclaration d’amour au Vietnam et aux histoires de son peuple.
Notre chronique
Je découvre Line Papin avec Hanoï Stories, et quelle découverte ! L’autrice raconte le retour au Vietnam d’une jeune femme qui, après avoir quitté Paris, cherche moins à retrouver un pays qu’à retrouver une part d’elle-même. Née à Hanoï, élevée en France, elle appartient à ces êtres qui ne sont jamais tout à fait chez eux, ni ici ni là-bas. Le voyage est en fait une manière de questionner l’identité, l’exil, la filiation, et (à travers tous ces thèmes) une certaine conception du bonheur.
Ce roman nous parle également de l’écriture, des mots, de ce qu’ils renferment, de ce qu’être écrivain(e) signifie : des mots pour créer un nid…
« Seulement, il est très difficile d’être créatif aujourd’hui — la débilité ambiante, le raccourcissement de la pensée, du temps de concentration et de rêve ont réduit nos mondes imaginaires. Nous le disons tous, mais nous ne faisons rien, à la manière de ceux qui répètent que la cigarette est nocive, avant d’ouvrir un paquet. »
J’ai particulièrement apprécié l’écriture, poétique, et ce travail sur la langue qui donne parfois aux phrases la forme de véritables aphorismes. Hanoï n’est d’ailleurs pas un simple décor : la ville, avec ses contradictions, son histoire et ses strates successives, est un personnage à part entière.
« Des fruits en vente à l’étalage, des poulets déplumés et égorgés en pleine rue, des femmes aux planches de bois, des sacs Louis Vuitton, des villas coloniales, des bières américaines, des drapeaux communistes... Hanoï est sauvage, cicatrisée et tatouée. Hanoï ressemble à l’épaule éraflée d’un vétéran. Les strates du passé, du présent et du futur cohabitent dans une même rue. »
Le roman oppose aussi, sans manichéisme, deux manières d’habiter le monde : celle d’une société moderne dominée par la vitesse, l’argent et la recherche de réussite du capitalisme, et celle, plus contemplative, du bouddhisme.
J’ai enfin beaucoup aimé écouter ce texte lu par Line Papin elle-même. Sa voix apporte une dimension particulière à cette écriture intime et sensorielle. Un roman qui invite à ralentir, à interroger ce qui nous rattache aux autres et à nous demander où se trouve réellement notre chez-nous.

Une tres belle chronique qui nous recentre . Quelles sont nos priorites, le bonheur se trouve t-il dans un lieu, au travers d’un souvenir,..... simplement home peut etre un lieu secure que l’on s’attribue il peut etre mouvznt au cours de notre vie.....un ouvrage pour mediter. Merci.
RépondreSupprimerExactement mon ressenti ! Merci pour tes commentaires éclairés !
Supprimermouvant .
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