Résumé de l’éditeur
Un livre bouleversant et intense. Libération
« J'ai marché dans la froidure de l'aube pendant une bonne heure, croisé une cabane forestière, puis le paysage s'est ouvert. Le soleil est passé au-dessus des sommets, étirant une ombre filiforme à mon côté. Je me suis amusée avec elle, j'étais une danseuse, une naïade née de la rosée. »
À seize ans, Jess fuit un foyer toxique et une trahison amoureuse qui l'a livrée aux pires violences. Seule sur les routes, elle affronte le danger, se heurte à la précarité, mais trouve dans la puissance des paysages, la force des rencontres et la tendresse des solidarités un refuge inattendu.
La langue sobre et juste de Patrice Gain restitue l'errance de cette jeune femme en lutte pour sa liberté au fil d'un roman poignant. Confrontée à la nature, Jess se nourrit de l'espace infini, rempart à la brutalité du monde.
Notre chronique
Seules les rivières est un roman de la résilience, avant tout. Patrice Gain suit l’errance de Jess, seize ans, qui fuit un foyer particulièrement toxique (une mère qui la rejette, qui va même jusqu’à l’effacer complètement de sa vie en découpant les photos sur lesquelles elle apparaît, un beau-père très violent) et un jeune homme qui sous prétexte qu’elle est sienne la viole (avec ses amis) et tente de la retrouver.
Je craignais le regard des autres. Plus encore celui de ma mère. Elle était tout sauf un refuge, et je ne me voyais pas lui raconter ce qui s’était passé.
Dès les premières pages, nous comprenons la protagoniste, qui ne s’apitoie jamais sur son sort, mais va de l’avant, fuit ces personnes toxiques qui l’entourent.
Derrière moi, la ville se foutait pas mal de ce qui m'était arrivé, autant que des heures et des jours à venir. Rien de bon ne m'attendait tout court.
Rien n’attend Jess, sinon la route, la faim, le froid, et une solitude de presque tous les instants.
La nature est, dans ce contexte, un espace de survie et de mise à l’épreuve. Les paysages, rudes et indifférents, accompagnent sa quête de liberté.
Le ciel était sans éclat. Ce que donnait à voir le versant opposé était désolant… Je ne savais plus pourquoi je marchais, ni même si ça avait un sens.
L’auteur nous donne à voir, presque à ressentir, comment l’espace ouvre parfois une brèche là où les liens humains ont failli, sans pour autant idéaliser l’errance. Ce roman s’apparente également à un « bildungsroman », une quête qui transformera Jess en adulte.
Le roman m’a particulièrement touchée, car il montre divers types de violences « ordinaires » et les traces durables qu’elles infligent aux victimes.
« - Ce que l’on subit ne définit en rien ce que nous sommes. Tu es forte point reste le, pour toi et pour l'enfant que tu choisiras d'avoir un jour. »
Un ouvrage que je recommande chaudement.
Pour aller plus loin

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Gabriel et Marie-Hélène.