Robert parcourut ce sanctuaire secret – que Nicolas soupçonnait être le laboratoire des deux complices — pour allumer des torches qui dévoilèrent progressivement les dimensions spectaculaires de ce lieu en forme de cloche aux parements parfaitement ajustés. Une ligne elliptique de pierres taillées incrustée dans les parois se projetait du sol vers le dôme, et cet artefact étonnant donnait l’illusion que la cloche pouvait tourner sur elle-même.Le souterrain où se déroule cette scène décisive de L’œuvre au Rouge m’a été inspiré par un lieu réel : la Rotonde de Simiane (Alpes-de-Haute-Provence). Cette rotonde (un bâtiment de forme circulaire ou de cloche dans le cas présent) appartient à un château du douzième siècle dont il ne reste plus grand-chose aujourd’hui ; seule la rotonde a survécu ayant eu la chance d’être repérée au dix-neuvième siècle par Prosper Mérimée et classée aux monuments historiques en 1862.
Nous avons visité cette incroyable salle en 2009 et en avons été profondément impressionnés et émus, car, en général, les bâtiments templiers, que ce soient des commanderies ou des maisons fortifiées, ne se démarquent guère des constructions laïques de l’époque. Pour tout dire, elles sont simples et dénuées d'apparat notoire. Or, nous avions affaire, de toute évidence, à un lieu à vocation religieuse, un lieu important, construit avec un soin extrême.
Magnifique, cette rotonde a une spécificité architecturale : ses nervures sont légèrement incurvées, hélicoïdales, c’est ce qui donne ce sentiment de mobilité, de légèreté à cette structure pourtant massive (telle que je la décris dans l’extrait ci-dessus).
Quelques têtes sont sculptées au niveau des chapiteaux qui soutiennent la
coupole. C’est de celles-ci que je souhaite à présent parler.
On a fréquemment évoqué les rituels secrets des Templiers, en particulier lorsque
le pouvoir royal voulait se débarrasser d’eux ! Inventions,
affabulations, fake news (pour employer un langage
contemporain), on ne saura jamais. Toujours est-il que ces visages vont dans le
sens d’une pratique religieuse peu orthodoxe : le culte du Baphomet, né en
Palestine. Qu’on admette ou non ces pratiques chez les Templiers, on ne peut
nier que ces hommes, par le biais des Croisades, ont été fortement influencés
par une culture arabe qu’ils ont côtoyée pendant plus d’un siècle (d’autant
plus qu’en bien des domaines les Orientaux étaient plus avancés que nous). Or,
il existait en Palestine un rituel bien connu qui consistait à entourer d’une
cordelette la représentation d’une figure tutélaire (un dieu, par exemple) et à
placer ensuite cette cordelette dans la bouche d’un malade afin qu’il guérisse.
C’est précisément cette technique païenne qui est représentée sur la photo que
j’ai prise en 2009.
Peut-on en conclure
pour autant avec certitude que les Templiers pratiquaient le culte du Baphomet ?
Il faut ajouter que le Baphomet a également une signification alchimique. Il
représente en effet l’adeptat, autrement dit la figure de
l’initié. L’Alchimie, courante au Moyen Âge, s’inscrit en droite ligne dans
les accusations d’apostasie faites aux Templiers. Mais là encore où se situe la
vérité ?
Quelques graffitis médiévaux faits par les Templiers dans la ville de Domme
(Périgord) interrogent. Sur l’un d’entre eux, on voit une étoile à huit rais,
symbole de la pierre philosophale...
Pour aller plus loin
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