vendredi 10 mai 2019

Chronique littéraire : Une femme en contre-jour de Gaëlle Josse (Éditions Notabilia).

Quatrième de couverture
« Raconter Vivian Maier, c’est raconter la vie d’une invisible, d’une effacée. Une nurse, une bonne d’enfants.
Une photographe de génie qui n’a pas vu la plupart de ses propres photos. Une Américaine d’origine française, arpenteuse inlassable des rues de New York et de Chicago, nostalgique de ses années d’enfance heureuse dans la verte vallée des Hautes-Alpes où elle a rêvé de s’ancrer et de trouver une famille.
Son œuvre, pleine d’humanité et d’attention envers les démunis, les perdants du rêve américain, a été retrouvée par hasard – une histoire digne des meilleurs romans – dans des cartons oubliés au fond d’un garde-meubles de la banlieue de Chicago.
Vivian Maier venait alors de décéder, à quatre-vingt-trois ans, dans le plus grand anonymat. Elle n’aura pas connu la célébrité, ni l’engouement planétaire qui accompagne aujourd’hui son travail d’artiste.
Une vie de solitude, de pauvreté, de lourds secrets familiaux et d’épreuves ; une personnalité complexe et parfois déroutante, un destin qui s’écrit entre la France et l’Amérique.
L’histoire d’une femme libre, d’une perdante magnifique, qui a choisi de vivre les yeux grands ouverts.
Je vais vous dire cette vie-là, et aussi tout ce qui me relie à elle, dans une troublante correspondance ressentie avec mon travail d’écrivain. »
G.J.
Dix ans après la mort de Vivian Maier, Gaëlle Josse nous livre le roman d’une vie, un portrait d’une rare empathie, d’une rare acuité sur ce destin troublant, hors norme, dont la gloire est désormais aussi éclatante que sa vie fut obscure.

L’auteure


Après des études de droit, de journalisme, de psychologie et quelques années passées en Nouvelle-Calédonie, elle travaille pour un site Internet à Paris et vit en région parisienne.
Elle organise aussi des ateliers d'écoute musicale et d'écriture, pour adultes et adolescents.
Venue à la littérature par la poésie, son premier roman, "Les heures silencieuses", paru en janvier 2010 aux Éditions Autrement, a obtenu plusieurs prix notamment le Prix Lavinal, Prix Peindre en Provence, Prix du Marais, et a été finaliste du Prix Orange 2011.
Suivront "Nos vies désaccordées" (2012), qui obtient le Prix Alain-Fournier 2013 et le Prix national de l'Audiolecture 2013 et" Noces de neige" en 2013.
En 2015, elle est finaliste du Prix des libraires et lauréate du Prix de littérature de l'Union Européenne, du Prix de l'Académie de Bretagne et de nombreux prix de médiathèques pour son roman "Le dernier gardien d'Ellis Island" (Noir sur Blanc).
En 2016, elle publie "L'ombre de nos nuits" et est marraine du prix littéraire des jeunes Européens. "Une longue impatience" est paru en 2018.
Son blog : http://gaellejosse.kazeo.com/
Source : gaellejosse.kazeo.com

Notre chronique
Cet ouvrage est  une biographie légèrement romancée, un récit qui se veut le plus vrai, le plus précis possible. Un texte d’une grande profondeur, à l’écriture ciselée.
Une femme en contre-jour, biographie de Vivian Maier, artiste inconnue de son vivant, à la vie passionnante et mouvementée, nous offre un récit fort.
Qui était donc cette femme libre, audacieuse, insatiable du spectacle de la vie et qui en fit œuvre à la fois humble et magistrale ? Une sensibilité exacerbée, une insondable solitude protégée, dissimulées derrière des façons abruptes, derrière une bizarrerie assumée et de trop larges vêtements. La force dépasser un enfermement programmé dans une condition sociale de domestique et dans une histoire familiale emplie d’effroi.

Vivian nous apparaît « en contre-jour », comme dans ses autoportraits, car elle était très discrète et souvent étrange, difficile à saisir, à comprendre. Tant et si bien que les témoignages la concernant sont parfois contradictoires.

Insoluble secret d'une existence, terrifiante solitude d'une femme dont le geste photographique, le geste seul donna un sens à sa vie, la sauva peut-être du désespoir. Inconcevable pour nous aujourd'hui, en ces temps où nos fragiles et exigeants ego quêtent sans fin l'approbation, l'admiration, le regard. Être vu, reconnu, aimé. Passions, désirs, profits, plaisirs, notre insatiable cavalcade avant le néant.
Gaëlle Josse a su peindre le portrait d’une artiste avec la précision et passion, presque comme si elle prenait elle-même l'artiste en photo.
Elle compare d’ailleurs, écriture et photographie dans une postface aussi intéressante que le texte lui-même !
En conclusion, nous ne pouvons que recommander vivement la lecture de ce portrait d’une femme hors du commun, inspirante, dans un texte qui la révèle avec toute sa richesse ! 

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