07 novembre 2026

L'œuvre au rouge : échanges avec un lecteur. "L’œuvre au rouge se comprend à plusieurs niveaux/degrés de lecture."

Bonjour ! Nous vous proposons un échange entre l'un de nos lecteurs et Gabriel :

Bonjour ! Il semble assez évident que L’œuvre au rouge se comprend à plusieurs niveaux/degrés de lecture. Le premier degré m’a déjà beaucoup touché : la science et ses limites, l’impact/le rapport de l’homme sur/à la nature, la question de la filiation, les vices et les vertus, le désir vs l’Amour, etc. Et il y a déjà là de quoi méditer. 
Mais je me demande jusqu’où pousser les degrés.
Bonjour. Comme vous l’avez deviné, le roman a plusieurs degrés de lecture. Il peut se lire comme un simple récit d’aventures, une histoire d’amour, une dystopie construite grâce à un effet de miroir temporel, une fable écologique, etc. Le lecteur choisira la voie qui lui convient.
Pour ma part, j’ai essayé d’y mettre davantage, car j’ai écrit ce livre en utilisant en partie le contenu de mes rêves, suivant la tradition des anciens qui affirment que la révélation des procédés n’est possible que par cette méthode…
Il y a bien sûr de nombreuses références à l’alchimie dans ce récit, y compris dans la partie futuriste. Les noms des personnages sont souvent ceux d’alchimistes historiques, par exemple Synésios de Cyrène (370 - 413). Arnaud est le prénom d’Arnaud de Villeneuve, et Nicolas, celui de Nicolas Flamel…
D'ailleurs, je pense que vous serez intéressé par l’œuvre de Jung, en particulier Mysterium conjunctionis, essentiellement consacrée à la dimension psychosomatique des traités.  

À la façon des anciens, un bon nombre de mots/phrases en italiques me laisse penser qu’il y a bien plus que ce qu’il n’y paraît. Jeux de mots, anagrammes, Noms/Prénoms peut-être pas si innocents (Terpis = Esprit ?), et autre système de « cryptage ». Peut-être même que tout le Grand Œuvre y est expliqué, qui sait.
Le cryptage issu de la kabbale est en effet un système inhérent aux traités. Je l’ai utilisé quelquefois, mais de manière limitée, car je ne souhaitais pas que ce roman soit trop hermétique, je voulais qu’il reste  lisible par tous. On peut y trouver incidemment des indications sur la marche à suivre au laboratoire, mais ce n’était pas mon but, d’autant que je n’ai pas pratiqué moi-même (même si j’en ai les moyens), essentiellement pour des raisons de sécurité, les matières à utiliser étant hautement neurotoxiques…

Ce jeu en miroir aussi interroge : Passé/Futur, voie brève/voie longue... À quel point les choses se répondent-elles ?
J’ai hésité à retenir ce procédé d’écriture déstabilisant, mais finalement je l’ai adopté, car je souhaitais montrer que l’alchimie n’est pas qu’une pratique obscure, mais aussi une philosophie, une vision du monde et de la vie. L’alchimie est souvent présentée par ses détracteurs comme une pré-chimie, or, ce n’est rien de tout cela, c’est une mystique. Peut-être faut-il d’ailleurs considérer les différentes étapes de la réalisation du Grand œuvre d’un point de vue symbolique ? Jung analyse en détail cette approche.    

Dans les derniers chapitres de la partie 4, qui parle de la fusion froide, vous semblez donner charitablement deux matériaux (au 1er degré de lecture) ? (D’autres ne jurent que par le plomb – qui ne semble être qu’un particulier – ou encore le cinabre...). Est-ce là votre voix opérative ?
Après cinquante ans d’étude de manuscrits rédigés à toutes les époques et dans bien des pays (ce qui donne quand même du crédit à ces mystérieuses techniques sans que l’on puisse en estimer les effets réels), je peux vous affirmer que les matières à mettre en œuvre ne sont ni le plomb ni le cinabre.

Pour aller plus loin
Vous trouverez sur ce blog de nombreux autres articles sur l'alchimie rédigés par Gabriel.
Dont :

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