21 janvier 2026

Chronique littéraire : Hokusai - Trente-six vues du mont Fuji - Un voyage poétique (Synchronique Éditions).

Photographie de Gabriel Erhart et céramique de Sylvie Erhart.

Description de l'éditeur
Cet ouvrage est une invitation à un voyage visuel et poétique au cœur de l’âme japonaise.
Réalisées au début des années 1830, les Trente-six vues du mont Fuji de Katsushika Hokusai (1760-1849) figurent parmi les chefs-d’œuvre les plus emblématiques de l’estampe japonaise. L’artiste y transcende la simple représentation paysagère pour faire du mont Fuji – peint au fil des heures du jour et des saisons – le sujet principal de son œuvre. Il révolutionne ainsi l’art de l’estampe en mettant en scène la beauté et la puissance de la nature face à la fragilité humaine. Figure immuable, le volcan ponctue le rythme des journées des pêcheurs, paysans et voyageurs, étant tout à la fois intégré à leur vie ordinaire autant qu’à leur imaginaire.
Chaque chef-d’œuvre de Hokusai est accompagné d’un haïku de maître, poème court qui saisit avec délicatesse et sensibilité l’émotion de l’instant présent et invite à méditer sur son propre rapport au monde et à la nature…

Notre chronique
Que dire d’Hokusai qui n’ait déjà été dit ?
La beauté intemporelle de ses estampes n’a nul besoin de commentaire. Et pourtant ?
Le mont Fuji est-il vraiment le centre de ces œuvres magnifiques, ou n’est-il qu’une sorte de signature, de sceau du Japon de l’époque ?
En feuilletant cet ouvrage aussi beau par sa conception que par son contenu, je me suis posé la question. Bien sûr, le mont Fuji est dans le cœur de chaque Japonais, mais aujourd’hui la vision que l’on en a (même si je ne l’ai pas vu de mes propres yeux) est extrêmement différente de celle que l’on découvre dessinée dans ces pages. En effet, des gratte-ciel ont été édifiés (à Shinjuku, par exemple) à l’intention des touristes qui souhaitent avoir une vue panoramique du célèbre volcan…
C’est donc une vision du passé que nous propose Hokusai, une vision qui m’a fait penser aux Très riches heures du duc de Berry, ce livre d’heures qui dépeint bien souvent la vie quotidienne des paysans français au Moyen Âge. Les estampes d’Hokusai (regroupées dans les éditions de l’époque) ont, selon moi, cette volonté de dépeindre la rude vie des paysans japonais. On les voit, dépenaillés, les côtes saillantes, pliés sous l’effort d’une dure vie quotidienne. À tout prendre, et bien que l’on soit déjà au début du dix-neuvième siècle, leur vie paraît plus rude encore que celle de nos paysans médiévaux. Ce n’est pas le moindre intérêt de ce livre que d’évoquer un monde perdu à jamais, un monde étonnamment préservé de l’influence occidentale. Le moindre détail des dessins compte et a une valeur historique, que ce soit pour les paysages, mais aussi pour l’outillage des hommes, la conception des bateaux, des maisons. On peut admirer ces estampes, à juste titre, mais on peut aussi les regarder comme les témoins d’un temps où la nature dictait encore sa loi aux hommes.

Pour aller plus loin

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Gabriel et Marie-Hélène.