01 août 2026

Interview d'Hélène Valentin, autrice, illustratrice, aquarelliste.

Bonjour Hélène, merci infiniment d'avoir accepté de répondre à nos questions !

Avec plaisir ! Je m’appelle Hélène Valentin, je suis auteure-illustratrice-aquarelliste et je vous emmène ici dans un voyage en noir et blanc. L’objectif ? Vous guider vers votre autonomie, même si vous ne savez pas dessiner. Il n'y a dans ce livre aucune Intelligence Artificielle, tous nos traits ont le droit d'être joliment imparfaits, merveilleusement humains.

Vous avez publié de nombreux albums illustrés avant cette collection consacrée au dessin. Qu’est-ce qui vous a donné envie de transmettre votre méthode ?
Et bien je propose beaucoup d’ateliers aquarelle en ligne au cours desquels j’apprends aux gens à peindre, mais aussi à réaliser le dessin qu’ils vont mettre en couleurs. J’étais frustrée de ne pouvoir faire plus, alors j’ai eu besoin de créer autre chose dont ils pourraient bénéficier parallèlement. L’idée des livres s’est naturellement imposée.
 
Votre livre s’adresse en priorité à ceux qui pensent ne pas savoir dessiner. Pourquoi ce public vous tient-il particulièrement à cœur ?
Parce que penser qu’on n’en est qu’au stade du bonhomme patate est un vrai frein pour des tas de personnes qui souhaiteraient créer. Avec ces livres (je dis « ces livres », car il y a plusieurs thèmes), je leur permets de faire les premiers pas qui, en réalité, ne sont que des premiers traits, et ils se rendent compte que rien n’est compliqué.

 
Vous avez choisi une approche modulaire, où chaque maison est construite à partir d’éléments simples. Comment cette méthode s’est-elle imposée à vous ?
Cela faisait longtemps que je cherchais une méthode hyper simple sans trouver la solution idéale. Cela m’a pris plusieurs mois de tests et un beau matin, cette histoire de modules m’est apparue comme une évidence, aussi évidente et simple que des cubes que l’on empile pour construire un château.
 
Vous écrivez que « tous nos traits ont le droit d’être joliment imparfaits, merveilleusement humains ». Cette phrase résume-t-elle votre philosophie artistique ?
Oh que oui ! Je le vois bien sur mon groupe Facebook où mes followers postent leurs aquarelles et leurs dessins, pas un ne ressemble à l’autre, tous ont leur propre personnalité, avec des traits différents, pas droits parfois et qu’est-ce que ça peut faire ? Le résultat est unique.
 
Vos ouvrages dégagent toujours une impression de douceur et de bienveillance. Est-ce une intention consciente lorsque vous illustrez une histoire ?
Ce n’est pas vraiment conscient, mais à force d’animer des ateliers, j’ai appris à me mettre dans la peau du débutant et à me poser les questions qu’il se pose (du moins j’essaie). Donc, oui, les explications peuvent aller loin, car on a parfois besoin d’être guidé sur de toutes petites choses.
 
Comment trouvez-vous l’équilibre entre la rigueur pédagogique nécessaire à un ouvrage d’apprentissage et la liberté créative que vous souhaitez encourager ?
La liberté créative me vient lorsque je fais mes pauses, en marchant dans l’herbe, en forêt, en écoutant de la musique ou dans un doux silence, quelque chose se profile et va mûrir pendant quelques jours, semaines, voire mois, jusqu’à ce que ça fasse « toc toc » à la porte de mon cœur. Lorsque j’ouvre cette porte, la rigueur pédagogique prend le relais pour la naissance du livre.
 
Vous êtes également aquarelliste. Quel dialogue existe, selon vous, entre le dessin et l’aquarelle ? Peut-on vraiment progresser dans l’un sans travailler l’autre ?
Certains préfèrent s’arrêter au dessin noir et blanc, d’autres tentent l’aventure de la mise en couleurs. Tout est question de goût. Ceux qui s’arrêtent au dessin vont apprendre à travailler des ombres très poussées afin de donner son volume à leur illustration. Ces mêmes ombres peuvent être cependant travaillées à l’aquarelle et cela donnera une autre ambiance à la planche. On peut progresser en tant que dessinateur sans l’aquarelle. Par contre, l’aquarelliste doit d’abord comprendre le dessin pour savoir où il va, c’est mieux.
 
Comment choisissez-vous les univers que vous allez explorer dans vos prochains livres ?
Soit ce sont des sujets qui m’emballent lorsque j’y pense, soit ce sont des suggestions de mes followers. Nous avons beaucoup d’échanges sur notre groupe Facebook « Tutos aquarelle avec Hélène Valentin ».
 
Quels retours de lecteurs/dessinateurs vous ont le plus émue ?
Ce genre-là : Ces livres sont une pure merveille ! Merci Hélène. Et je persiste et signe : ces « antidépresseurs graphiques » devraient être prescrits dans un premier temps et remboursés ensuite par la sécurité sociale… et je suis très sérieuse quand je dis ça… 

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui ouvre votre livre avec la conviction profonde qu’elle « ne sait pas dessiner » et qui hésite encore à tracer son premier trait ?
Ce qui freine les débutants c’est la phrase « Mais où est-ce que je le pose, ce fichu premier trait ? » Et bien, le livre donne des repères. Beaucoup de repères. S’il n’y a qu’un seul conseil : « Créez-vous des repères, ça rassure ».
 
Le mot de la fin ? 
Créer ses univers (et quand je parle au pluriel, c’est parce qu’il y a pour l’instant quatre livres : maisons, forêts, intérieurs, jardins), c’est repousser les frontières du monde que l’on croyait sien. Le dessin permet de repousser ces frontières, d’élargir ses propres horizons et de découvrir que sous la personne que l’on croyait être, se cache quelqu’un de bien plus infini.

Pour aller plus loin
Apprendre à dessiner des maisons imaginaires

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