1. Votre roman
mêle aventure et érudition historique. Qu’est-ce qui vous a inspirée ?
J’ai toujours été
passionnée par les livres de l’époque médiévale, et j’ai un jour découvert le fonds
ancien de la bibliothèque d’Épinal, qui était à l’époque installée dans « La
maison romaine ». On y trouvait tous les manuscrits confisqués aux abbayes vosgiennes
lors de la Révolution. Cette découverte et la relation intellectuelle que
j’avais tisée avec le conservateur m’ont amenée à écrire mon premier roman, « Le
trésor des abbesses », mêlant intrigue, chasse au trésor et solide
documentation historique.
2. Le manuscrit
ancien et le « Livre des miracles » sont au cœur de l’enquête. Comment
avez-vous construit ces objets fictionnels pour leur donner de la crédibilité
et les rendre mystérieux ?
Je me suis inspirée
de la plume de Maurice Leblanc et de la façon dont il avait mis des objets ou
des lieux au cœur des « affaires et énigmes » qu’Arsène Lupin devait démêler.
3. L’écriture du
roman intègre un lexique précis, parfois spécialisé. Quelle place accordez-vous
à la documentation et au vocabulaire dans votre travail ?
La documentation
est une donnée essentielle d’un bon roman historique qui se doit d’être
parfaitement fidèle aux connaissances scientifiques que nous avons de
l’histoire avec un grand H. Il est vital pour le fonctionnement du roman que la
fiction soit alimentée par des faits établis et donne ainsi une crédibilité
totale au récit.
4. La
progression de l’intrigue repose sur des révélations successives et des pistes
entrecroisées. Comment avez-vous imaginé cette mécanique narrative ?
Lectrice assidue de
romans d’aventures et de romans policiers, notamment des classiques que sont
Dumas, Leblanc, Gaboriau et Leroux, il m’a été facile de construire un fil dans
la lignée des grandes quêtes et chasses au trésor, l’influence était là et mon
imaginaire a fait le reste, en ayant toujours en tête de faire plaisir au
lecteur et de tenter de le surprendre, mais en tout cas de l’emmener avec moi
jusqu’au bout de l’aventure.
5. Si vous
deviez résumer la tension centrale de votre roman, la décririez-vous comme
davantage psychologique, historique ou morale ?
Comme toute
aventure humaine, c’est un mélange, et, comme toute bonne recette de cuisine,
il faut doser les différents ingrédients pour qu’ils s’équilibrent : Il
faut donc de la psychologie des personnages, c’est important pour que le
lecteur puisse s’identifier ou comprendre les comportements des différents
protagonistes ; pour un roman dont tout ou partie repose sur une trame
historique, il faut une solide documentation pour la crédibilité du récit, et
les personnages doivent avoir chacun une personnalité qui incarne les
différents aspects et ressorts psychologiques qui fondent la morale de
chacun : le gentil doit être gentil avec ses failles et ses doutes, le
méchant doit être méchant avec ses zones grises pas totalement noires qui en
feront malgré tout un personnage qu’on peut suivre dans le roman.
6. Le mot de la
fin ?
Étant éditeur, je
lis de nombreux manuscrits, et rapidement je sens la différence entre le roman
écrit pour le plaisir personnel de l’auteur, et le roman écrit avec plaisir par
l’auteur dans l’intention de le partager avant tout avec des lecteurs, l’approche
n’est pas la même et se ressent à la lecture. Lorsque j’ai écrit le trésor
des abbesses, je m’adressais avant tout aux lecteurs en voulant les
embarquer dans mon aventure, je n’ai eu de cesse de remettre sans cesse mon
ouvrage sur le métier pour que la tapisserie finale soit digne d’être lue.
Auteurs, nous avons l’obligation de bien servir nos lecteurs ; ils ont le droit
de ne pas aimer ce qu’on a créé, mais nous n’avons pas le droit de leur
demander de leur temps et de leur argent pour nous lire si ce que nous avons
produit ne le mérite pas.
Pour aller plus loin
Chronique du trésor des abbesses
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