15 juin 2026

Interview de l'autrice de Mon cahier d'activités relax : En vacances !

MERCI infiniment, Sophie, d'avoir accepté de répondre à nos questions !

Comment est née l’idée de ce cahier d’activités autour du bien-être pendant les vacances ?
On m’a proposé ce projet en janvier, et j’ai dit oui tout de suite parce que l’angle me parlait. 
Les vacances, c’est censé être du repos. Mais, pour beaucoup d’enfants, c’est surtout une rupture : plus de cadre, plus de repères, des journées qui ne se ressemblent pas, parfois le fait de dormir loin de la maison. 
Le corps et la tête ont besoin de stabilité. Ce cahier, c’est une boîte à outils pour que l’enfant retrouve ses propres repères, où qu’il soit. 
Ce qui m’a plu, c’est le côté complet et concret. Pas de théorie, que du faisable, tout de suite.

Qu’est-ce qui vous semble essentiel aujourd’hui dans l’accompagnement émotionnel des enfants ?
On se trompe de sujet quand on veut « corriger » un enfant. Un comportement, ce n’est pas un problème à régler, c’est un signal. 
Un enfant exprime souvent ce qu’il ne sait pas encore dire avec des mots. Donc l’essentiel, c’est de l’aider à reconnaître ce qui se passe en lui avant de vouloir que ça change. 
Il n’y a pas d’émotions négatives. Il y a des émotions agréables et des émotions désagréables, point. 
La colère, la peur, la tristesse, ça a une utilité. Le vrai travail, ce n’est pas de les faire disparaître, c’est d’apprendre à les accueillir et à mieux les vivre.

Comment avez-vous choisi l’équilibre entre activités ludiques et exercices inspirés de la sophrologie ?
L’équilibre n’est pas décoratif, il est stratégique. Un enfant n’apprend pas en écoutant, il apprend en faisant et en ressentant. 
Donc le jeu, le dessin, le coloriage, ce ne sont pas des récompenses entre deux « vrais » exercices. C’est le véhicule. 
Quand un enfant colorie son mandala calme ou dessine son endroit préféré, il est déjà en train de réguler. 
Et derrière, je glisse les outils de sophrologie : la respiration, la posture, la visualisation. Mais toujours habillés en jeu. 
La respiration de l’infini, la posture du chat et de la vache, le pouce magique. L’enfant croit qu’il joue. En vérité, il apprend à apaiser son corps. 
C’est ça, l’équilibre : que ça ne ressemble jamais à un exercice, même quand c’en est un.

Y a-t-il une activité dans le livre que vous considérez particulièrement importante ou représentative de votre démarche ?
Oui, sans hésiter : les mains magiques. L’enfant réchauffe ses mains, les pose sur ses yeux, ses oreilles, son ventre, et il se demande : « Quelle émotion je ressens ? » 
C’est tout simple, et c’est exactement ma démarche. Avant de vouloir aller mieux, il faut savoir ce qu’on ressent. Nommer, c’est déjà apprivoiser. 
Cette activité revient à la base de tout mon travail : on ne régule pas une émotion qu’on n’a pas d’abord reconnue. Et le fait que ça passe par le corps, par le toucher, par la chaleur des mains, c’est essentiel. 
L’émotion se vit dans le corps avant de se penser dans la tête.

Comment rendre des pratiques comme la respiration et la visualisation accessibles à de jeunes lecteurs, en dehors de votre ouvrage ?
La règle numéro 1 : on ne dit jamais à un enfant « respire ». Ça ne veut rien dire pour lui. On lui donne une image et un geste. « Pose ton doigt sur le huit couché et suis la ligne », là il comprend. 
On transforme l’abstrait en concret. Une respiration carrée devient un carré qu’on suit du doigt. Une visualisation devient une lumière joyeuse qui remplit le corps, ou un ballon de couleur dans le ventre. 
Et surtout : on passe par le corps. Frotter ses mains, se bercer, bouger comme un polichinelle. Le corps est la porte d’entrée la plus directe vers le calme chez l’enfant. 
Mon conseil aux parents : ne cherchez pas à expliquer, faites avec lui. Un enfant apprend en imitant l’adulte qui respire à côté de lui, pas en recevant une consigne.

Quels retours d’enfants ou de parents vous ont le plus touchée depuis la parution de l’ouvrage ?
Le livre est sorti il y a moins d’une semaine, donc je n’ai pas encore le recul des familles. Mais j’ai déjà eu des retours qui me touchent beaucoup : ceux de mes collègues sophrologues. 
Plusieurs m’ont dit qu’elles le trouvaient très accessible et vraiment efficace. Et ça compte énormément, parce que ce sont des professionnelles de l’accompagnement. 
Quand des praticiennes formées te disent que c’est clair, applicable et que ça marche, c’est le meilleur signal possible. J’ai hâte, maintenant, d’avoir les retours des enfants et des parents. 
C’est pour eux qu’il a été pensé.

Souhaiteriez-vous développer d’autres ouvrages autour des émotions et du bien-être des enfants ?
C’est déjà en route. Un autre cahier sort fin août, cette fois autour des apprentissages. 
Parce que les émotions et les apprentissages, c’est lié : un enfant qui n’arrive pas à se concentrer, qui bloque sur ses devoirs, c’est souvent une émotion qui prend toute la place. 
D’autres projets d’écriture sont « dans les cartons ». L’idée, c’est de continuer à mettre des outils simples entre les mains des familles et des professionnels.

Pourriez-vous nous parler de La Bulle des émotions ?
La bulle des émotions part d’une mission : faire des enfants de meilleurs adultes. 
Un enfant qui apprend tôt à reconnaître, accueillir et mieux vivre ses émotions, c’est un adulte plus solide demain. Tout ce que je construis tourne autour de ça.
Concrètement, c’est une méthode d’ateliers collectifs de sophrologie pour les enfants. 
Des ateliers récréatifs et ludiques où les enfants s’amusent et, sans même s’en rendre compte, apprennent à utiliser des outils de sophrologie pour mieux vivre leurs émotions. 
On joue, on respire, on bouge, on visualise. Et derrière le jeu, l’enfant repart avec des outils concrets qu’il peut réutiliser au quotidien.
Avec les ateliers parents-enfants, on touche aussi l’adulte, on l’embarque dans la démarche, on lui donne sa place de repère et de co-régulateur.
Aujourd’hui, La bulle des émotions, c’est un réseau de 250 sophrologues formés à cette méthode, en France et à l’étranger. 
Vous pouvez d’ailleurs trouver un atelier près de chez vous depuis notre site labulledesemotions.com

Le mot de la fin ?
Pas de pression. Vraiment. On n’a pas besoin d’être un parent parfait ni de tout faire bien du premier coup. 
Accompagner les émotions d’un enfant, ça se fait petit à petit, un geste après l’autre. 
Une respiration partagée un soir, un mot posé sur ce qu’il ressent, un moment de calme à deux. C’est l’accumulation de ces petites choses qui compte, pas la performance. 
Alors, commencez par ce qui vous semble simple, et laissez le reste venir. Vous faites déjà beaucoup mieux que vous ne le pensez.

Pour aller plus loin
Description de l'éditeur
Un livre d'activités pensé pour accompagner l'enfant tout au long de l'été et l'aider à se sentir plus serein. Grâce à des activités variées et ludiques - coloriages, yoga, sophrologie et bien d'autres - il favorise la détente, la concentration et le bien-être. Conçu par une sophrologue, ce cahier d'activités est l'allié idéal pour vivre des vacances sereines, équilibrées et ressourçantes. Il propose une variété d'exercices simples et accessibles pour favoriser la détente et le bien-être.
Au fil des pages, l'enfant retrouvera : 
- Coloriages apaisants, 
- Activités d'écriture, 
- Mouvements corporels et yoga, 
- Exercices de visualisation, 
- Initiations à la sophrologie. 
Ces activités lui permettront de prendre confiance en lui, et de profiter au mieux de ses vacances ! 

Sophie Le Millour est sophrologue, hypnothérapeute et professeure de yoga pour enfants. Elle est la créatrice de "La bulle des émotions" , une méthode d'ateliers qui aide les enfants à mieux vivre leurs émotions.

Pour aller plus loin

2 commentaires:

Bonjour !
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Gabriel et Marie-Hélène.