01 avril 2026

Chronique littéraire : La marque des loups, Métamorphose de Marie-Pierre Hage (Éditions Ex Æquo).


Résumé de l’éditeur
Dans « La marque des loups », se croisent des Humains de toutes natures, des personnages aussi diaboliques que divins : policiers, trafiquants ou protecteurs de l’environnement, guérisseurs – amérindiens ou nomades – hommes de pouvoir comme gens plus ordinaires, sans oublier des loups en quête de liberté et des lycanthropes assoiffés de justice. Métamorphose pour les uns et renaissance pour d’autres, le bien triomphera-t-il du mal ?
L’héroïne, Julia Orsini, est une femme hors du commun. Poussée par un désir de vengeance, elle revient vivre dans le village de son enfance, semant quelques cadavres sur son passage. Mais l’histoire prendra un tout autre chemin…
L’autrice fait revivre les légendes de loups-garous en terre tourangelle.

Notre chronique
La marque des loups : métamorphose de Marie-Pierre Hage est un récit hybride, à la croisée du fantastique et du roman policier, qui interroge avant tout notre rapport au vivant. Il est amusant que fond et forme se rejoignent, car la protagoniste est elle-même un être hybride.
 J’ai été particulièrement sensible à la manière dont le texte déconstruit la hiérarchie implicite entre les espèces. Cette remise en question est l’un des fils rouges du roman.
 Le personnage de Julia Orsini, mû par la vengeance, incarne la tension constante entre humanité et instinct. Ce que j’apprécie également dans cet ouvrage est la réflexion plus large : qui, de l’homme ou de l’animal, se montre le plus violent ?
Certains passages contemplatifs, notamment la description des paysages, sont poétiques et enchanteurs.
« Il semblerait que tous les matins du monde évoluent de la même façon. Et pourtant, aucun lever de soleil n’est identique ! À chaque aube, sa différence : ciel éclairci de teintes pastel, ou nuages assombris de grisaille, brume brouillant le paysage, vents balayant les reflets, égrenant les nuances. Il en résulte une mise en scène quotidienne et unique. »
J’ai également été attentive à la manière dont le roman articule mémoire et présent.
« Le temps devient irréel et impalpable lorsqu’on aime, il se mêle au passé, au présent, au futur : il retient l’instant. »
Je conclurai que cette œuvre engagée invite à penser autrement notre place dans le monde, et pourrait nourrir, en classe comme ailleurs, une réflexion féconde sur l’environnement et notre place dans ce monde.
« Des nuisibles ! Voilà dans quoi le ragondin et le renard se classaient dans la considération des humains, tout en bas de l’échelle. Dans ce barème qui ne repose sur rien, rien de naturel, et où l’Homme pense être le seul maître.
Les loups aussi étaient des nuisibles, tant et tant qu’ils avaient été éradiqués de la surface de la Terre dans de nombreuses régions et dans bien des pays. Le règne humain ne faisait jamais de cadeaux aux animaux qui ne lui rapportaient rien : ni vivres ni profits. Bien au contraire ! »
Un très beau roman, à mettre entre toutes les mains ! 

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Gabriel et Marie-Hélène.